Bruxelles, 11/05/2011 (Agence Europe) - De l'avis de tous, l'échec de la conciliation sur les aliments issus d'animaux clonés et leurs descendants qui a fait capoter tout accord sur la mise à jour du règlement Novel Food de 1997 est un gâchis pour la sécurité des aliments et l'information des consommateurs. Parlement, Commission et Conseil sont au moins d'accord sur ce point, considérant tous qu'à ce jour la traçabilité et l'étiquetage des aliments issus d'animaux clonés en provenance de pays tiers n'est toujours pas assurée dans l'UE et que les avancées réalisées sur les autres points du règlement, notamment la procédure d'autorisation centralisée et l'étiquetage des nanomatériaux sont pour l'heure lettre morte. Ils l'ont exprimé mercredi 11 mai à Strasbourg, au lendemain d'un trilogue, lors d'un débat animé que Gianni Pittella (S&D, italien) a entamé, vent debout contre le Conseil. « Nous ne sommes pas parvenus à réglementer le clonage car les gouvernements ne l'ont pas voulu. La sécurité des aliments est un problème sérieux qui appelle une vraie solution: l'étiquetage de tous les aliments issus d'animaux clonés et de leurs descendants ». Echaudés par cet échec, les parlementaires ont été unanimes - comme ils l'ont été pendant la conciliation - à demander à la Commission de présenter d'urgence une nouvelle proposition pour sortir de l'impasse et écouter les citoyens européens. Ce à quoi, John Dalli, commissaire à la Santé et aux Consommateurs, s'est engagé, assurant qu'il présentera « très rapidement, deux propositions: l'une sur le clonage (après une étude d'impact) et l'autre sur les nouveaux aliments ».
La Présidence hongroise a été épargnée par les critiques, le Parlement étant conscient que celle-ci a fait de son mieux en héritant tardivement d'un dossier complexe. Le Conseil, lui, en a vraiment pris pour son grade quand Kartika Tamara Liotard (GUE/NGL, néerlandaise), rapporteur pour le règlement révisé Novel Food, a fait état d'un document juridique confidentiel du Conseil prouvant, selon elle, « qu'une interdiction des aliments issus des animaux clonés et de leurs descendants est tout à fait défendable dans le cadre de l'OMC et envisageable pour protéger les consommateurs», contrairement aux affirmations du commissaire Karel De Gucht qui avait brandi le spectre d'une guerre commerciale. L'indignation des eurodéputés fut alors à son comble. « Les États membres ont-ils pris connaissance de ce document ? Si les 27 ne l'avaient pas, c'est scandaleux. S'ils l'avaient, on a utilisé de faux arguments », a déclaré le rapporteur. Corine Lepage (ADLE, française), qui s'est dite « stupéfaite », a posé la même question à la Commission, estimant que la clarté à ce sujet est « une question politique majeure ». Le représentant de la présidence hongroise a confirmé que les 27 «connaissaient bien sûr ce document interne ». Mais, selon lui, les conclusions mentionnaient « des risques concernant la compatibilité avec les règles de l'OMC » et considéraient « l'étiquetage comme la meilleure solution ». (A.N.).