Bruxelles, 11/05/2011 (Agence Europe) - La part des dépenses agricoles dans le budget européen doit continuer à baisser à l'avenir pour financer les nouvelles politiques de l'UE, juge le commissaire européen au Budget, Janusz Lewandowski, dans un entretien mardi 10 mai à l'AFP.
« Afin de trouver de meilleurs financements en matière d'immigration, de recherche et développement, de réseaux énergétiques, de sécurité énergétique, de changement climatique, nous avons besoin de modifier les proportions au sein du budget européen », a-t-il déclaré en marge d'une session du Parlement européen à Strasbourg.
En particulier, « la tendance à la baisse ces dernières années de la part de la politique agricole commune (PAC) devrait se poursuivre », a jugé le commissaire au Budget. « L'agriculture représentait 80% du budget de l'UE dans les années 1970 et 60% dans les années 1980, aujourd'hui 40%. Cela pourrait être légèrement en dessous à l'avenir, afin de trouver des financements pour les nouveaux besoins », a-t-il précisé.
« Je ne suis pas en faveur d'une quelconque révolution » mais « nous sommes en mesure de faire des économies dans ce domaine sans porter atteinte à l'agriculture », a-t-il estimé.
Toutefois, il n'exclut pas qu'en termes réels les sommes allouées à la PAC puissent rester stables.
M. Lewandowski se prononce par ailleurs en faveur d'un maintien de l'autre grand poste du budget européen, la politique de cohésion (qui contient les aides pour soutenir la convergence des États membres et des régions les moins développés).
La Commission européenne doit présenter d'ici fin juin ses propositions sur le prochain cadre financier pluriannuel (après 2014).
Dacian Ciolos, le commissaire européen à l'Agriculture, espère de son côté conserver lors du prochain cadre financier (2014-2020) « au moins » le niveau actuel du budget agricole de l'UE, à savoir entre 55 et 60 milliards d'euros (aides directes, dépenses de marché et développement rural). On indique dans l'entourage de M. Ciolos que si le budget total de l'UE venait à augmenter (ce qui semble plus qu'improbable: NDLR), les dépenses agricoles vont continuer à baisser.
La France, premier bénéficiaire de la PAC, est comme de nombreux autres pays vivement opposée à toute réduction des aides aux agriculteurs. Le président français Nicolas Sarkozy s'est déjà dit prêt à une « crise » en Europe pour défendre la PAC. À l'inverse, le Royaume-Uni demande une diminution progressive des aides aux agriculteurs. (L.C.)