Bruxelles, 11/05/2011 (Agence Europe) - Le retour à la sécurité et à l'État de droit à travers un processus de réconciliation nationale, c'est la première priorité du président ivoirien Alassane Ouattara qui peut compter sur l'aide de l'UE a assuré Andris Piebalgs à l'issue de sa première visite à Abidjan, le 6 mai, trois semaines seulement après la fin du conflit armé post-électoral (EUROPE n° 10371).
« C'est la condition indispensable pour permettre au pays de se relancer sur de bonnes bases. L'UE salue notamment la volonté du président Ouattara de faire la lumière sur les événements qui ont eu lieu ces derniers mois, et de ne pas laisser l'impunité régner », a déclaré le commissaire à la presse. La deuxième priorité, c'est la relance de l'économie et des secteurs sociaux, « qui passe notamment par une transition fluide entre l'aide d'urgence et l'aide à plus long terme ». Et pour cette priorité, là aussi, l'UE continuera de se mobiliser.
Déterminée à aider ce pays dévasté par les violences post-électorales, l'UE a joint le geste à la parole en lançant immédiatement des projets pour aider le président Ouattara « dans sa tâche immense de réconciliation et de relance du pays », s'est réjoui M. Piebalgs venu confirmer au président légitimement élu « l'engagement fort et sur le long terme de l'Union européenne aux côtés de la Côte d'Ivoire ». 180 millions d'euros, débloqués dès le 12 avril, constituent le noyau dur du paquet post-crise, auxquels s'ajoutent les 60 millions d'euros d'aide humanitaire alloués par la Commission à l'aide humanitaire. « Dans l'immédiat, la Commission européenne va redémarrer des projets suspendus pendant la crise à hauteur de 70 millions d'euros. La majorité ira au rétablissement de l'électricité et de l'eau », a précisé Andris Piebalgs. Les trois autres projets qui ont été signés à Abidjan pour un montant total de 44 millions d'euros aideront l'agriculture et la réforme du secteur de la justice. Sur cette enveloppe, 28 millions d'euros iront aux secteurs du sucre, du coton et de l'agriculture vivrière. « Cette aide permettra de relancer le secteur agricole qui est l'un des poumons de l'économie ivoirienne », a précisé le commissaire. 18 millions d'euros seront consacrés à la réforme du secteur de la justice pour en améliorer l'efficacité, la transparence et l'équité, ce qui « contribuera en partie à l'appui au processus de réconciliation nationale ».
Le commissaire a rappelé combien la relance du pays est importante, non seulement pour les Ivoiriens eux-mêmes, mais pour la région et tout le continent africain. Et d'ajouter: « La Côte d'Ivoire doit redevenir la locomotive économique de l'Afrique de l'Ouest. Nous travaillons dans cet objectif en étroite coordination avec la France et les autres États européens pour maximiser nos appuis ». (A.N.)