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Bulletin Quotidien Europe N° 10376
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/nuclÉaire

Stress tests, Barroso insiste sur le facteur humain

Strasbourg, 11/05/2011 (Agence Europe) - À la veille d'une réunion de deux jours - les 12 et 13 mai - du groupement européen des autorités nationales de sûreté nucléaire (ENSREG) pour arrêter, à la lumière de l'accident à la centrale de Fukushima Daiichi au Japon, les critères des tests de résistance (stress tests) des 143 réacteurs nucléaires hébergés dans l'UE, le président de la Commission José Manuel Barroso a alimenté un peu plus la controverse en plaidant, mercredi 11 mai, pour la prise en compte du facteur humain comme risque, aux côtés des aléas dus à des phénomènes naturels.

Les tests de résistance « devront être complets et inclure un éventail le plus large possible de scénarios, incluant des facteurs naturels et humains, en se concentrant sur leur impact possible sur les systèmes de fonctionnement des centrales », insiste le chef de l'exécutif européen, dans un communiqué. M. Barroso ne mentionne toutefois pas explicitement les accidents d'avion et les actes terroristes, que son collègue à l'Énergie, Günther Oettinger, veut absolument inclure parmi les critères des stress tests.

Réunis au sein de l'association des autorités de sûreté nucléaire d'Europe de l'Ouest (WENRA), les 14 États membres de l'UE qui recourent à l'atome entendent pour leur part limiter les critères des stress tests aux seules catastrophes naturelles, comme celles à l'origine de l'accident nucléaire nippon. Devrait être, à leurs yeux, évaluée la robustesse des centrales devant trois aléas: l'agression par des phénomènes naturels (tempêtes, séismes, inondations), la perte de systèmes de sûreté (perte prolongée du système de refroidissement ou d'alimentation électrique) et l'accident grave (endommagement du combustible dans le réacteur, refroidissement difficile des piscines où est entreposé le combustible usé). Exit les hypothèses d'une attaque terroriste, d'une cyber-attaque ou d'un crash d'avion. Responsable de l'autorité française de sûreté nucléaire (ASN), André-Claude Lacoste estime qu'il n'est « pas possible de mener des études sérieuses sur le risque terroriste dans des délais aussi courts ». Les stress tests doivent être conduits dès le mois de juin, et leurs résultats sont attendus pour décembre.

De son côté, le commissaire Oettinger a dénoncé devant le Parlement européen, mardi 10 mai, les réticences des États membres nucléaires. « Un test de résistance allégé ne portera pas ma signature. Si nous ne parvenons pas à un accord entre la Commission et les régulateurs européens, alors nous rendrons peut-être le mandat (d'élaboration des critères) au Conseil », a-t-il averti. M. Oettinger devait présenter mercredi soir aux autorités de sûreté nucléaire des 27 États membres ses propositions visant à « prendre en compte tous les risques, quelle que soit leur nature, incluant les facteurs humains les défaillances, les actions terroristes, les attaques informatiques et les accidents d'avion ». « Il y a un intérêt du côté de la population européenne à ce que ces tests soient les plus exhaustifs possible », a-t-il fait valoir. De source communautaire, un compromis serait possible, consistant à ne pas mentionner explicitement les actes terroristes, en adoptant une formule évoquant des « actions imputables à l'homme ».

Une grande majorité de députés européens ont vivement critiqué mardi le refus de plusieurs pays de prendre en compte les risques humains. « La Commission ne doit pas céder devant les États membres qui pressent pour des stress tests plus souples. Les critères de ces tests doivent non seulement inclure les désastres naturels, mais aussi les menaces d'origine humaine telles que les attaques terroristes ou les crashs d'avion », a insisté, au nom des socialistes et démocrates (S&D) la Suédoise Marita Ulvskog, appelant aussi à la conduite des tests par des experts indépendants, et non par les propriétaires des installations nucléaires. « Le commissaire Oettinger doit garantir la crédibilité des stress tests, afin d'imposer les normes les plus strictes de sécurité, minimiser le risque nucléaire en Europe, sachant que ce risque ne disparaîtra qu'avec la sortie progressive mais déterminée du nucléaire. Surtout, il doit affirmer son autorité face aux assauts des pays pro-nucléaires qui veulent faire de cet audit un exercice de communication sans remise en cause quelconque des centrales existantes ou futures », ont plaidé au nom des Verts les Français Michèle Rivasi et Yannick Jadot. (E.H.)

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