Strasbourg, 11/05/2011 (Agence Europe) - Meurtri par le séisme et le tsunami qui ont dévasté sa côté nord-est le 11 mars, le Japon attend une annonce, lors de son sommet annuel avec l'UE les 27 et 28 mai, pour le lancement prochain de négociations en vue d'un accord bilatéral de libre-échange. Mais il est encore trop tôt, selon Karel De Gucht, qui veut étudier la faisabilité d'un tel pacte après le sommet.
« Les discussions se poursuivent avec le Japon. À mon avis, il est difficile d'évaluer combien nous pourrons progresser dans le temps limité qu'il nous reste d'ici le sommet (les 27 et 28 mai) pour satisfaire les conditions du Conseil », a expliqué le commissaire au Commerce, en réponse à une question orale de plusieurs députés, lundi 9 mai devant la plénière du Parlement à Strasbourg. « Les conditions pour un accord de libre-échange devraient être examinées sur la base que le Japon doit prouver la capacité de s'attaquer aux barrières non tarifaires et aux restrictions en matière de marchés publics », a précisé M. De Gucht, réitérant les exigences du Conseil européen du 25 mars. Et, à ce stade, les autorités nippones n'ont proposé des solutions que pour 3 des 27 barrières tarifaires dénoncées par l'UE, à savoir dans les secteurs automobile, des liqueurs et des additifs alimentaires. « Le Japon n'a pas réussi à présenter une feuille de route crédible pour démontrer comment les problèmes mis en exergue pourraient être résolus », a insisté le commissaire, ajoutant toutefois que les progrès réalisés, aussi limités soient-ils, constituent à ses yeux « une bonne base pour de plus amples discussions ».
En outre, « plus de travail est nécessaire pour arriver à un niveau d'ambition partagé et convenir du contenu de la négociation (…) Ceci pourrait être réalisé via un exercice de délimitation du champ de l'accord, qui pourrait être conduit après le sommet. Une fois que cela sera fait, nous examinerons les résultats et déciderons de lancer ou non les négociations », a précisé le commissaire. M. De Gucht formule toutefois d'ores et déjà les attentes suivantes sur le niveau d'ambition de l'accord qui devrait, selon lui, inclure: - un accès au marché libre de droits et de quotas pour 100% des marchandises ; - des feuilles de route crédibles pour éliminer « une masse critique » de barrières non tarifaires ; - un régime d'investissement ouvert pour atteindre des niveaux d'investissement direct étranger (FDI) au Japon comparables à ceux d'autres pays de l'OCDE ; - l'ouverture des marchés publics au Japon à un degré d'ouverture comparable à celui de l'UE. En outre, M. De Gucht prône l'option d'un cadre bilatéral complet reflétant adéquatement le partenariat stratégique entre l'UE et le Japon, en incluant à la fois le commerce et l'investissement, mais aussi les aspects politiques et la coopération. (E.H.)