Bruxelles, 20/04/2011 (Agence Europe) - Les groupes S&D et PPE du Parlement européen se sont livrés mardi 19 avril à une nouvelle bataille au sujet de la constitution adoptée lundi 18 avril par le parlement hongrois. Une nouvelle constitution qui n'avait pas lieu d'être, indique le groupe S&D dans un communiqué et qui constitue un vrai recul en arrière, a dit le leader allemand Martin Schulz. Dans la foulée, et à l'image de la polémique ayant entouré en début d'année la loi hongroise sur les médias, le groupe PPE, via sa délégation hongroise, a lui dénoncé le même jour « des attaques démagogiques » de la part du groupe socialiste « contre la souveraineté de la Hongrie ».
Lors d'un débat au PE, Martin Schulz a dénoncé le fait que cette nouvelle constitution, la « constitution du parti unique », ait été adoptée sans débat réel et a demandé à la Commission d'analyser le texte et de veiller à ce qu'elle soit pleinement conforme aux valeurs de l'UE.
Une demande qui constitue une « attaque sérieuse » à la souveraineté hongroise, a estimé la délégation du PPE, indiquant que la constitutionnalité relève des prérogatives nationales et « même M. Schulz et les socialistes européens ne devraient pas mettre en question le droit du parlement hongrois, élu démocratiquement, à adopter une nouvelle constitution ». Pour la délégation hongroise, Martin Schulz aurait plutôt dû inciter ses affiliés politiques en Hongrie à participer justement au débat du parlement hongrois, « ce qu'ils ont refusé de faire », ajoutant qu'il est « inacceptable » que M. Schulz fasse de telles « déclarations erronées ».
Pour la délégation du PPE, la nouvelle constitution hongroise repose au contraire sur les traditions européennes communes et sur les apports du Traité de Lisbonne, écrit-elle, le parti du Premier ministre Viktor Orban, le Fidesz, ayant d'ailleurs toujours affiché sa foi « en la démocratie et la liberté de pensée », indique encore le communiqué.
Le groupe S&D du PE n'est pas le seul à s'être inquiété de la nouvelle constitution hongroise, appelée 'constitution Orban' par ses détracteurs. Lundi 18 avril, le chef du groupe ADLE, Guy Verhofstadt, avait également demandé à la commissaire européenne à la Justice, Viviane Reding, de vérifier si la nouvelle constitution hongroise ne se trouve pas en contradiction avec « les principes démocratiques européens, le principe de l'État de droit et le respect des droits de l'Homme ». Le gouvernement hongrois s'était cependant déjà engagé la semaine dernière à faire analyser cette constitution par la Commission européenne. (L.C.)