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Bulletin Quotidien Europe N° 10363
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/libye

Kadhafi doit partir, mais pas avant le début de la transition

Bruxelles, 20/04/2011 (Agence Europe) - L'Union européenne et ses principaux partenaires internationaux ne considèrent plus le départ du pouvoir de Mouammar Kadhafi comme une condition préalable au début des négociations d'une formule de transition en Libye du régime précédant l'insurrection vers un nouveau modèle. Telle est la lecture faite par une source de l'UE des résultats des derniers rendez-vous diplomatiques sur la crise libyenne. La source, qui a demandé de garder l'anonymat, faisait référence notamment aux conclusions de la réunion à Doha, la semaine passée, du groupe de contact sur la Libye. Cela signifie que, dans l'esprit du groupe de contact, des négociations et un cessez-le-feu entre les insurgés et le régime pourraient débuter même si Kadhafi est encore en place. Mais cette attitude doit, pour l'instant, compter avec la fermeté des insurgés à demander le départ immédiat du colonel dictateur et la détermination du même Kadhafi et de sa famille à ne pas quitter le pouvoir ni la Libye. Le travail de la diplomatie a produit, ces derniers jours, différentes feuilles de route vers la réconciliation et la paix, mais aucune n'a été acceptée jusqu'à présent par les parties concernées. L'UE n'a pas eu, pour le moment, de contacts directs avec M. Kadhafi et sa famille, mais des émissaires du dictateur se sont rendus dans des capitales de l'UE, notamment en Grèce, à Malte et à Londres, toujours avec le même message: « Ce n'est pas la communauté internationale mais bien les gens de Benghazi qui ont le pouvoir de décider qui va gouverner la Libye. C'est le peuple libyen qui doit le faire ». S'il n'y a pas assez de mouvement d'ici la moitié du mois de mai, il est fort possible que l'on en reparle à la prochaine réunion du groupe de contact, à Rome, jeudi 12 mai. Tandis que les affrontements militaires sur le terrain semblent bien enlisés dans une partie sans gagnant, l'Union européenne continue à considérer et à préparer une mission humanitaire, éventuellement assistée par des soldats sur le terrain, si cela s'avère nécessaire. Les sources de l'UE considèrent que la situation la plus délicate reste celle de Misrata, même si les informations venant de cette ville sont fort différentes suivant les sources. L'idée d'une assistance militaire à une opération humanitaire ne fait pas l'unanimité dans l'UE et est critiquée même par des organisations humanitaires. Dans un communiqué, Oxfam International la qualifie de « précédent non nécessaire, coûteux et dangereux » et invite plutôt l'UE et la communauté internationale à intensifier les efforts diplomatiques pour faire cesser les combats et trouver une solution politique satisfaisante au conflit. Par contre, le groupe S&D du Parlement européen est favorable à une initiative maritime de l'UE dans le cadre de l'aide humanitaire à la Libye. Mais cette proposition non plus ne fait par l'unanimité des 27, au moins pour l'instant. (Gp).

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