Bruxelles, 08/04/2011 (Agence Europe) - Le Parlement européen a appelé jeudi à une révision de fond en comble de la politique européenne de voisinage (PEV), aussi bien de son volet oriental que méridional, pour renforcer notamment la conditionnalité politique des aides accordées par l'UE à ses voisins. Dans le passé, note le PE dans deux résolutions adoptées jeudi 7 avril, la PEV n'a pas suffisamment contribué à promouvoir les réformes démocratiques et les droits de l'homme dans les pays bénéficiaires. À l'avenir, il faudrait que l'UE fasse davantage la distinction entre les pays qui mettent en place les réformes démocratiques et ceux qui ne le font pas, et récompenser ceux qui le font. Pour certains voisins de l'est, cette récompense pourrait même prendre la forme d'une « perspective européenne », estiment les députés. Les avis divergent cependant sur la nature exacte de cette perspective. Le rapporteur sur le volet oriental de la PEV, le Polonais Marek Siwiec (S&D), aurait voulu que le texte de la résolution fasse mention explicite de la « perspective d'adhésion » pour les voisins orientaux de l'Union. Son amendement a cependant été rejeté, de justesse, lors du vote en plénière (247 voix pour, 295 voix contre et 25 abstentions). Le texte final affirme donc « que la perspective européenne, englobant l'article 49 du traité sur l'Union européenne, pourrait être un élément moteur des réformes dans ces pays et permettre de renforcer leur attachement aux principes et aux valeurs communes que sont notamment la démocratie, l'état de droit, le respect des droits de l'homme et la bonne gouvernance ».
La Commission doit présenter ses propositions de réforme de la PEV le 20 avril. La dimension méridionale de la PEV comprend les pays suivants: Algérie, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Libye, Maroc, Territoires palestiniens occupés, Syrie et Tunisie. Le volet oriental de la PEV couvre six pays: Ukraine, Moldavie, Bélarus (la coopération n'est pas encore opérationnelle), Arménie, Azerbaïdjan et Géorgie.
Voisins du sud. Depuis son lancement en 2004, la PEV n'est pas parvenue à promouvoir la démocratie et à garantir les droits de l'homme dans les pays bénéficiaires comme l'ont prouvé les événements qui se déroulent actuellement dans le sud, et en particulier en Tunisie, en Égypte, en Libye, en Syrie, en Algérie, au Maroc, en Jordanie et dans les autres pays réclamant des réformes démocratiques, constate le PE. Il demande donc à l'UE d'en « tirer les leçons » et de prévoir à l'avenir une clause 'droits de l'homme' dans tous les accords avec des pays tiers. Une autre leçon à tirer des événements récents dans le voisinage du sud est que l'UE doit créer des partenariats « non seulement avec les États mais aussi avec les sociétés ». Le PE voudrait aussi revoir à la hausse les crédits alloués à la PEV dans les prochaines perspectives financières de l'Union après 2013 en mettant l'accent sur les priorités de la dimension méridionale de la PEV. À propos des « statuts avancés » que l'UE a déjà accordés à certains des pays partenaires (ou qui font actuellement l'objet de négociations avec d'autres), le PE demande la définition de critères précis et transparents qui devront être respectés en vue de bénéficier d'un statut avancé.
Voisins de l'est. Les résultats obtenus jusqu'ici dans le cadre de la PEV en 2004 sont « mitigés » avec des évolutions positives en ce qui concerne les droits de l'homme et la démocratisation dans certains pays partenaires et des « évolutions négatives » dans d'autres, notamment au Bélarus, note le PE. De « graves problèmes » demeurent dans de nombreux pays en ce qui concerne le respect de la liberté d'expression, notamment dans les médias, et de la liberté d'association et de réunion. Dans le cadre du Partenariat oriental lancé avec les six pays voisins de l'est (Ukraine, Moldavie, Bélarus, Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie), l'UE est en train ou envisage de négocier des accords d'association. Même si ces accords constituent un « outil important » pour stimuler les réformes, il faut que leur conclusion soit liée à des conditions, des calendriers et des critères de performance stricts, insistent les députés. Idem pour la création de zones de libre-échange qui ne doivent être conclues qu'une fois que les conditions requises sont remplies, souligne le PE. (H.B.)