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Bulletin Quotidien Europe N° 10355
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/onu/dÉveloppement

Ce que doit viser la conférence d'Istanbul sur les PMA

Bruxelles, 08/04/2011 (Agence Europe) - Pour être un succès, la quatrième conférence des Nations unies sur les pays les moins avancés (PMA IV, Istanbul, 9-13 mai) doit déboucher sur des résultats tangibles. Cela, par référence à des indicateurs précis et en gardant à l'esprit l'objectif de réduire de moitié le nombre de PMA d'ici à 2020, en mettant en œuvre des mécanismes de surveillance et de suivi rigoureux et transparents, estime le Parlement européen. Il l'a dit dans une résolution adoptée jeudi 7 avril à Strasbourg (289 voix pour, 251 contre, 60 abstentions).

Les eurodéputés soulignent qu'il convient de traiter convenablement les problèmes cruciaux qui touchent les 48 pays identifiés par l'ONU comme le « maillon le plus pauvre et le plus faible de la communauté internationale », notamment la cohérence entre la politique commerciale et le développement, l'agriculture, la pêche, les investissements et le changement climatique, et d'inscrire à l'ordre du jour des dossiers importants comme la gouvernance et la lutte contre la corruption, en particulier le concept de « contrat de gouvernance » entre pays partenaires et pays donateurs et le renforcement des capacités humaines.

48 pays sont aujourd'hui classés comme PMA, dont 33 en Afrique, 14 en Asie et un en Amérique latine; 16 sont enclavés et 12 sont de petites îles. 75 % des 800 millions d'habitants qu'ils comptent vivent avec moins de 2 dollars (USD) par jour. Et depuis 1971, date de création de la catégorie « PMA », seuls le Botswana (en 1994), le Cap-Vert (en 2007) et les Maldives (en 2011) ont cessé d'être classés comme tels. Le Parlement estime que la conférence PMA IV doit se concentrer sur la cohérence des politiques en faveur du développement. Partant, il demande que les échanges commerciaux, la pêche, l'environnement, l'agriculture, le changement climatique, l'énergie, les investissements et le système financier soient conçus pour soutenir les besoins de développement des PMA en vue de combattre la pauvreté et de garantir des revenus et des moyens d'existence décents.

Considérant que la nouvelle loi américaine sur « les minerais qui alimentent les conflits » est un pas de géant dans la lutte contre l'exploitation et la commercialisation illégales des minerais en Afrique, les eurodéputés souhaitent que les Nations unies présentent une proposition analogue.

Le Parlement souligne que l'aide de l'UE aux PMA doit viser au premier chef la création de richesses et le développement de l'économie de marché, « conditions fondamentales de l'éradication de la pauvreté ». Aussi demande-t-il que priorité soit donnée à la croissance économique. Il demande instamment à l'UE de remplir ses engagements concernant l'accès aux marchés et l'allégement de la dette. La résolution réaffirme combien il importe d'atteindre l'objectif de 0,15 % à 0,20 % du RNB consacrés à l'APD en faveur des PMA, en mobilisant à cet effet les ressources nationales et, à titre de mesure complémentaire, des mécanismes de financement innovants. Il demande instamment à l'UE et aux 27 de réfléchir, lors de la conférence PMA IV, à la mise en oeuvre d'une taxe sur les transactions financières. La Commission européenne est invitée à augmenter son aide au commerce pour aider les pays les plus pauvres à affronter la concurrence résultant de la libéralisation des marchés.

Le Parlement rappelle aussi que la paix et la sécurité sont essentielles pour garantir l'efficacité des politiques de développement. Il estime que l'UE doit coordonner plus étroitement ses actions à l'égard des problèmes d'instabilité dans les PMA et soutenir les efforts déployés pour acquérir les capacités permettant de construire des États pacifiques, démocratiques et solidaires. (A.N.)

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