Bruxelles, 08/04/2011 (Agence Europe) - Réunis vendredi 8 avril à Milan, les ministres italien et français de l'Intérieur, MM. Maroni et Guéant, ont tenté de mettre un terme au différend qui les oppose depuis quelques jours sur les milliers de migrants tunisiens auxquels l'Italie s'apprête à délivrer des titres temporaires de séjour. La veille, la France avait émis une circulaire pour rappeler aux autorités concernées les critères devant être remplis par les migrants tunisiens pour être acceptés sur le sol français. Une circulaire et une attitude qui avaient été qualifiées 'd'hostiles' par Rome. Les deux pays ont d'ailleurs adressé tous les deux jeudi soir une lettre à la Commission européenne pour y exposer respectivement leurs points de vue. Courriers que la Commission analysait vendredi 8 avril.
Mais à Milan, les deux ministres ont cependant tenté de jouer l'apaisement, M. Guéant affirmant même, selon l'AFP, que « nous avons trouvé un accord sur l'interprétation du traité de Schengen ». Pour le ministre français, « il est clair que l'autorisation de séjour que les Italiens vont délivrer permet la libre circulation », a-t-il dit. « Mais cela a une limite dans le respect des conditions définies par le traité », a-t-il à nouveau précisé, rappelant notamment qu'un document de voyage et des ressources minimales étaient nécessaires.
Les deux ministres se sont aussi engagés vendredi à envoyer des patrouilles communes au large des côtes tunisiennes afin de prévenir l'immigration illégale, ont-ils annoncé. « Nous avons décidé d'un commun accord avec la France d'organiser des patrouilles communes sur les côtes tunisiennes (...) pour bloquer les départs » d'immigrants illégaux, a dit Roberto Maroni. Et ces patrouilles se dérouleront dans le cadre de l'agence Frontex, a précisé pour sa part Claude Guéant. Lundi lors du Conseil des ministres de l'Intérieur à Luxembourg, les 27 plancheront d'ailleurs sur le renforcement de cette agence, via de nouveaux moyens techniques et financiers.
À Milan, les deux ministres ont d'ailleurs appelé à « un effort commun entre nos pays et les pays de l'Union européenne » pour gérer les arrivées de clandestins en Europe, le ministre français ajoutant que « ni l'Italie ni la France n'ont vocation à accueillir les migrants tunisiens ». Les deux ministres ont par ailleurs décidé de « constituer un groupe de travail conjoint pour étudier et prendre des initiatives pour bloquer les départs de clandestins de la Tunisie ». (S.P.)