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Bulletin Quotidien Europe N° 10355
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/nuclÉaire

Le Parlement mis au défi d'aplanir ses divergences

Bruxelles, 08/04/2011 (Agence Europe) - Divisé selon des clivages politiques comme nationaux, les députés européens ne sont pas parvenus à adopter une position commune sur la sûreté nucléaire en Europe, à la lumière de l'accident toujours en cours à la centrale de Fukushima Daichi au Japon, en rejetant en plénière, le 7 avril à Strasbourg, par 264 voix pour, 300 voix contre et 61 abstentions, un projet de résolution commune aux groupes PPE, S&D, ADLE, Verts/ALE et GUE/NGL.

En dépit d'un accord unanime sur la nécessité de conduire des tests de résistance (stress tests) des 143 réacteurs implantés dans l'UE et des installations futures à une série de menaces (risques sismiques, inondations, raz de marée…), et de les étendre aux réacteurs en activité ou futurs des pays tiers voisins, avec toutefois quelques nuances sur les questions relatives à l'indépendance des parties qui conduiront ces tests, le Parlement européen n'est pas parvenu à s'accorder sur les leçons à tirer de l'accident de Fukushima.

Les groupes des sociaux-démocrates (S&D) et des Verts/ALE en particulier se sont opposés au texte final après le rejet de l'amendement proposé par la Suédoise Marita Ulvskog (S&D) invitant les États membres à « préparer des stratégies envisageables pour une sortie du nucléaire à moyen ou à long terme ». Les députés conservateurs français et polonais du groupe PPE ont de leur côté majoritairement rejeté le projet de résolution, en raison de son invitation à un moratoire, prôné par les libéraux (ADLE) sur la construction de nouveaux réacteurs « du moins pendant la période » de réalisation des stress tests.

À l'issue des votes, les groupes se sont rejeté la responsabilité de l'échec du Parlement à trouver une position commune sur ce dossier si sensible. Tandis que la délégation française du PPE a jeté le blâme sur les verts et leur « jusqu'au-boutisme », les libéraux ont accusé « les deux positions extrêmes », « ceux qui veulent que rien ne se produise et ceux qui veulent que les centrales nucléaires ferment immédiatement », et les verts ont imputé aux libéraux la responsabilité du rejet de l'amendement sur la sortie progressive du nucléaire.

Réagissant plus tard dans l'après-midi de jeudi au nom des socialistes français, Catherine Trautmann a regretté un « échec dont la cause se trouve dans la volonté d'élargir le texte sur la sûreté et les stress tests à l'avenir du nucléaire ». « Pour traiter de la question de l'avenir du nucléaire en Europe, nous avions besoin de temps, car il y a pour l'instant quatre approches: les anti-nucléaires, les pro-nucléaires, les députés favorables à une sortie rapide, et les députés favorables à une sortie à moyen ou long terme. Une semaine était un délai manifestement très insuffisant pour mener la réflexion et trouver une majorité », explique Mme Trautmann. « La résolution de compromis était une bonne base, et nous avons soutenu les amendements favorables à une sortie du nucléaire pensée et préparée, tenant compte de la lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons aussi voté en faveur des amendements appelant à investir dans la R&D et l'innovation pour développer les économies d'énergie et accroître massivement les renouvelables. Mais le résultat des votes, incohérents, nous a obligé à voter contre la résolution telle qu'amendée. Il est maintenant primordial d'avoir un débat approfondi sur l'ensemble de ces sujets et de mettre en œuvre une transition énergétique dans la solidarité, en tenant compte de la situation dans l'ensemble des États membres », ajoute l'élue française. (E.H.)

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