Bruxelles, 01/04/2011 (Agence Europe) - Le Portugal s'est offert un peu de répit, vendredi 1er avril, en émettant avec succès 1,6 milliard d'euros de dette à un an à un taux de 5,8%, moins élevé que celui que prévoyaient les analystes. Le président portugais Anibal Cavaco Silva a par ailleurs annoncé la tenue d'élections législatives le dimanche 5 juin.
D'ici juin, le Portugal doit honorer plus de 9 milliards d'euros d'échéances financières (4,2 milliards en avril et 5 milliards en juin). Mais les marchés s'interrogent sur la capacité du pays à y faire face. De nouvelles émissions de dette souveraine sont prévues, la prochaine étant programmée pour mercredi prochain, afin de lever au total près de 7 milliards d'euros à court terme au deuxième trimestre.
Fortement endetté et encore en récession cette année, le Portugal se démène contre l'hypothèse de devoir faire appel à une aide financière internationale. La semaine dernière, le gouvernement socialiste minoritaire de José Sócrates a démissionné, après que le parlement national a rejeté une quatrième vague de mesures d'austérité (EUROPE n°10345). Le gouvernement sortant n'aurait « ni la légitimité ni le pouvoir de négocier un quelconque accord » avant la tenue de nouvelles élections, a estimé jeudi le ministre des Finances Fernando Teixeira dos Santos.
L'institut portugais des Finances a par ailleurs annoncé que la situation budgétaire du pays était pire que prévu. Le déficit public 2010 devrait atteindre 8,6% du Produit intérieur brut national au lieu de 6,8% comme l'avait préalablement annoncé le gouvernement, l'objectif de réduction convenu avec les autorités européennes étant de 7,3%. De nouvelles injections d'argent public dans le secteur bancaire ainsi que des dépenses accrues d'entreprises publiques ont contribué à une détérioration des finances publiques. M. Teixeira dos Santos a néanmoins assuré que cette contre-performance budgétaire n'altère en rien les objectifs de réduction du déficit fixés (4,6% du PIB en 2011, 3% en 2012 et 2% en 2013).
Le porte-parole du commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a indiqué, vendredi, que les autorités portugaises avaient communiqué ces chiffres à l'Office européen des statistiques EUROSTAT. Selon lui, Lisbonne n'a pas menti sur les chiffres mais simplement appliqué les règles européennes. Refusant de prendre position sur la capacité du gouvernement en affaires courantes à demander une aide financière, il a indiqué que la Commission n'avait reçu aucune demande d'aide officielle. (M.B.)