Bruxelles, 01/04/2011 (Agence Europe) - Une Europe orientée vers l'efficacité des ressources est un vecteur incontournable de la croissance durable et une priorité de l'agenda de la Commission. Janez Potoènik, commissaire européen à l'Environnement, l'a rappelé dans un discours prononcé jeudi 31 mars devant le Conseil fédéral belge pour le développement durable. En présentant, dans ses grandes lignes, la communication du 26 janvier (EUROPE n° 10302) qui « énonce comment l'efficacité des ressources peut définir la qualité de la croissance que nous voulons », le commissaire a également donné un avant-goût de ce que sera la feuille de route pour une efficacité des ressources attendue pour l'été 2011 et à laquelle travaille déjà la Commission.
Ce document a vocation à établir une vision à long terme, avec un objectif visé pour 2050 et des passerelles pour l'atteindre ; à identifier les objectifs 2020 en tant que tremplins vers les objectifs à long terme ; à mettre au point les bons indicateurs et les objectifs possibles pour évaluer les progrès, car « on ne peut bien gérer que ce que l'on peut mesurer » ; à garantir que les politiques à l'échelle de l'UE, à l'échelle des États membres et au niveau international convergent et se renforcent plutôt que ne se sapent l'une l'autre.
Plus concrètement, a précisé le commissaire, il s'agira de mettre en œuvre la législation existante, ce qui, « dans le seul domaine de la gestion et du recyclage des déchets, nous permettra de faire un bond vers une efficacité accrue des matières, sans parler des bénéfices à escompter pour le climat et la création d'emplois » ; d'orienter le marché vers l'efficacité des ressources et corriger la tarification par un large éventail d'instruments orientés vers le marché comme la fiscalité ou l'exploration des divers moyens d'évaluer la croissance, au-delà du seul PNB ; de développer certains instruments qui ont déjà fait leurs preuves comme l'éco-conception, les systèmes de certification, les écolabels et les systèmes de management environnemental et d'audit (EMAS) ; d'intégrer l'objectif d'efficacité des ressources dans toutes les politiques sectorielles pertinentes, au-delà de la seule politique de l'environnement.
« C'est un enjeu difficile à vendre à l'heure où tous ont les yeux rivés sur les marchés financiers et la dette publique, mais le processus EUROPE 2020 devrait nous fournir l'occasion de sensibiliser davantage à cet enjeu, et j'espère que le Parlement aussi nous prêtera main forte dans cette tâche », a estimé Janez Potoènik (A.N.)