Bruxelles, 01/04/2011 (Agence Europe) - Sans maîtrise européenne de la production porcine ni réorientation de ses modes dominants de production, « le secteur porcin ne sortira pas de sa crise structurelle et ne répondra pas aux enjeux de l'emploi agricole, de l'environnement et des équilibres territoriaux », selon la Coordination européenne Via Campesina qui estime, dans un communiqué publié vendredi 1er avril, que l'UE doit s'attaquer aux racines structurelles de la crise.
Selon cette organisation, la surproduction structurelle est due au trop grand nombre de porcs et à l'augmentation de leur poids et l'extrême dépendance de la production vis-à-vis des importations de soja en fait un secteur fragile. En outre, le processus sans fin d'industrialisation de la production est injustifié eu égard aux besoins des producteurs et des consommateurs. Et la Coordination européenne Via Campesina de dénoncer les fausses solutions du lobby agro-industriel comme la restructuration de la production, l'assouplissement des importations de soja OGM, le traitement du lisier ou encore les assurances revenu. Il vaut mieux, selon cette organisation, « agir en amont et réguler l'offre ».
Voici ses propositions: - maîtriser la production au niveau européen et national (une condition nécessaire pour garantir un revenu juste aux producteurs): ceci en ajustant la production en fonction de la demande européenne ; - limiter progressivement la taille des élevages en fixant un seuil maximum de porcs par exploitation et par hectare ; - stopper la concentration de la production qui diminue le nombre d'éleveurs au lieu de diminuer le nombre de porcs ; - cesser la position agressive de l'UE sur les marchés extérieurs (alors que l'UE importe 75% de ses protéines végétales), en échange d'un contrôle des importations ; - réorienter les modes de production (pour enrayer la pollution des eaux et des côtes et pour retrouver la fertilité à long terme des sols européens et d'Amérique du Sud): la directive nitrates ne doit plus souffrir de dérogations et le traitement industriel du lisier ne doit plus bénéficier de financements publics ; castration des porcelets: l'organisation s'oppose à l'injection d'Improvac-R (produit Pfizer) vendu comme « vaccin », qui agit directement sur l'hypophyse des porcs et dont les conséquences sur la santé humaine et porcine sont incertaines. Elle propose de limiter le poids d'abattage des porcs en testant l'odeur éventuelle de verrat à l'abattage. En attendant, les éleveurs doivent pouvoir continuer la castration avec analgésique. (L.C.)