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Bulletin Quotidien Europe N° 10326
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

La croissance et l'inflation pour 2011 revues à la hausse

Bruxelles, 01/03/2011 (Agence Europe) - En 2011, la croissance et l'inflation devraient être plus élevées que prévu, selon les prévisions économiques intérimaires que la Commission européenne a rendues publiques mardi
1er mars 2011. La croissance atteindrait 1,8% dans l'Union européenne et 1,6% dans l'Eurozone, soit 1% de plus que les chiffres avancés en novembre dernier (EUROPE n°10266). En raison notamment de la forte hausse des prix énergétiques et des matières premières, l'inflation grimperait à 2,5% dans l'UE et à 2,2% dans l'Eurozone, soit 0,4% de plus que les prévisions intérimaires d'automne.

Le commissaire aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a délivré trois messages principaux: - après un ralentissement attendu au deuxième semestre 2010, la reprise économique s'affermira cette année ; - un rééquilibrage de la croissance s'opère au profit de la demande intérieure, notamment en Allemagne, mais la croissance diverge d'un État membre à l'autre ; - avec la hausse des prix de l'énergie et des matières premières (la Commission table sur un baril de pétrole supérieur à 100 dollars), l'inflation conjoncturelle augmente même si l'inflation structurelle reste sous contrôle et augmentera lentement en 2011.

Pour justifier cette révision à la hausse de la croissance en Europe, le commissaire a fait état d'indicateurs tels que les prêts aux ménages et la confiance des entrepreneurs. En outre, la « stabilisation » sur les marchés financiers se poursuit même si la situation reste « fragile ». Les écarts entre les coûts de financement des dettes souveraines (« spreads ») ont certes diminué mais ils demeurent « à un niveau anormal », en particulier pour les pays sous le feu des projecteurs (ex: Irlande, Portugal).

L'amélioration des prévisions au niveau régional cache de fortes inégalités entre les sept pays pour lesquels des données ont été publiées. Avec une croissance de « 2,4% », l'Allemagne sera « le moteur de la croissance » dans la zone euro, a indiqué M. Rehn. Selon la Commission, la tendance selon laquelle la consommation interne soutient la croissance économique se confirme. « Une bonne nouvelle pour l'Allemagne et pour l'Europe », a estimé le commissaire. Suivent ensuite la France et les Pays-Bas avec une croissance de 1,7% puis l'Italie (1,1%) et l'Espagne (1,1%). Ne souhaitant pas commenter les différences entre les prévisions de ses propres services et celles des autorités espagnoles, M. Rehn a réitéré son soutien aux efforts « substantiels » entrepris par Madrid en matière de consolidation budgétaire, de réformes structurelles et de restructuration de son secteur bancaire. Il a aussi estimé réaliste l'objectif du Portugal de parvenir en 2011 à un déficit public de 4,6%. Quant à l'Irlande dont le futur premier ministre souhaite renégocier les modalités du programme d'ajustement économique que le pays a négocié en échange d'une aide financière internationale, le commissaire est d'avis que la question du taux d'intérêt fixé pour les prêts accordés à Dublin devait être réglée dans le cadre d'un paquet global sur l'évolution de la force de frappe et des compétences du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF. (EUROPE n°10325). Par contre, la possibilité d'imposer des pertes aux créanciers privés des banques n'est pas sur la table, selon M. Rehn.

La Commission a mis à jour ses prévisions de croissance pour deux pays n'ayant pas adopté la monnaie unique. La Pologne et le Royaume-Uni devraient ainsi croître respectivement de 4,1% et 2%, le Royaume-Uni étant le seul pays où la croissance est revue à la baisse. M. Rehn s'attend à ce que les autorités polonaises lui soumettent « sous peu » une réponse officielle qui confirme la prise de mesures visant à ramener dès 2012 le déficit du pays sous la barre des 3% (EUROPE n°10317). La Hongrie doit faire de même.

'Pacte pour la compétitivité'. Les priorités à la base du 'Pacte pour la compétitivité' que l'UE doit entériner en mars sont compatibles avec celles préconisées par la Commission européenne dans son examen annuel pour la croissance (intensification de la consolidation budgétaire, augmentation de la productivité, assainissement du secteur bancaire), a par ailleurs estimé le commissaire. Même si l'initiative viendra surtout des pays de la zone euro, le Pacte devrait être ouvert à tous les États membres et être compatible avec le marché intérieur, a-t-il souligné. Pour être crédible, il devrait, selon lui, être ancré dans le nouveau système de gouvernance économique européenne qui prévoit un mécanisme de surveillance et de sanctions.

L'idée de supprimer l'indexation des salaires sur l'inflation est-elle écartée ? M. Rehn a plaidé pour des mécanismes pertinents qui permettraient de garantir que l'évolution des salaires soit en ligne avec celle de la productivité. Dans la plupart des États membres, l'indexation salariale a conduit à une inflation trop élevée au détriment de l'efficacité économique, a-t-il affirmé, tout en reconnaissant que les coûts salariaux ne sont pas toujours les premières causes des problèmes de compétitivité. D'un côté, il a loué le système belge d'indexation salariale, conçu de manière « plutôt intelligente et nuancée », et qui diffère « des anciens systèmes démodés ». De l'autre, il a invité l'Italie à faire preuve de « modération salariale ». (M.B.)

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