Bruxelles, 01/03/2011 (Agence Europe) - Les crises en Libye et dans les autres pays d'Afrique du Nord seront discutées par les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'UE lors d'un Conseil européen extraordinaire qu'Herman Van Rompuy a convoqué pour vendredi 11 mars à Bruxelles. La réunion devrait se tenir juste avant le sommet des 17 pays de la zone euro déjà programmé le même jour, en fin d'après-midi.
No- fly zone. Entre-temps, après l'adoption des sanctions européennes contre les membres du régime libyen (EUROPE d'hier), les États membres envisagent maintenant, parfois chacun pour soi, d'aller plus loin et de prendre des mesures supplémentaires pour forcer Kadhafi à arrêter la violence contre son peuple et à quitter le pouvoir. L'établissement d'une zone d'exclusion aérienne (no-fly-zone) au-dessus de la Libye qui empêcherait le régime d'envoyer ses avions réprimer les populations fait partie des idées évoquées même si l'UE n'entend pas devenir active dans ce sens. « Toutes les options sont sur la table pour élargir les sanctions » mais une no-fly-zone devrait être décidée par le Conseil de sécurité de l'ONU et non pas par l'UE, a expliqué mardi 1er mars le porte-parole de Catherine Ashton. Par conséquent, « nous n'avons en ce moment pas de plan pour une coordination militaire sur le plan de l'UE », a-t-il souligné. « Nous devons attendre de voir ce qui se passe. Des sanctions ont été adoptées et nous attendons maintenant qu'elles aient un impact ». La création d'une zone d'exclusion aérienne a notamment les faveurs des États-Unis et du Royaume-Uni mais pas d'autres pays tels que la France et l'Allemagne qui craignent le « mauvais signal » qu'une telle mesure donnerait au monde arabe. Ces deux pays souhaitent en revanche couper tous les flux financiers vers la Libye afin que Tripoli ne puisse pas, entre autres, revendre ses participations dans des sociétés européennes, a expliqué le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez. Le ministre allemand Guido Westerwelle a proposé de geler « pendant soixante jours » les paiements des livraisons de pétrole et de gaz pour stopper « la tuerie ». Il a aussi réclamé mardi qu'un envoyé spécial de l'ONU soit dépêché sur place « pour que la communauté internationale montre sa présence et soit reconnaissable dans son engagement, et afin d'évaluer la situation humanitaire ».
Contacts avec autorités transitoires. Le porte-parole de Mme Ashton a relativisé mardi quelque peu l'information donnée lundi selon laquelle l'UE serait en train d'établir des contacts avec les autorités de transition libyennes mises en place par les opposants, notamment à Benghazi. « Nous sommes ouverts à entrer en contact avec quiconque veut avoir des contacts avec nous mais, en ce moment, il est plutôt difficile de dire qui est l'opposition en termes d'organisation », a-t-il dit. « L'UE n'a en ce moment aucun fonctionnaire sur le territoire libyen » mais seulement dans les régions frontalières pour organiser les opérations humanitaires.
Mea culpa de Stefan Füle. Le commissaire à la Politique de voisinage, Stefan Füle, a reconnu que l'UE a commis des erreurs vis-à-vis des pays d'Afrique du Nord aujourd'hui en pleine révolution. « L'Europe n'a pas parlé suffisamment fort pour défendre les droits de l'Homme et les forces démocratiques locales dans la région. Trop d'entre nous ont cru à l'hypothèse selon laquelle les régimes autoritaires sont une garantie de stabilité dans la région. Ce n'était même pas de la realpolitik. C'était du 'court-termisme', le genre de 'court-termisme' qui rend le long terme de plus en plus difficile à bâtir », a dit M. Füle lundi 28 février devant la commission des Affaires étrangères du PE. (H.B.)