Bruxelles, 01/03/2011 (Agence Europe) - L'UE veut agir contre les aides d'État chinoises, mais la Commission européenne veut constituer un dossier solide. Or, les firmes européennes opérant en Chine hésitent à apporter les preuves d'un soutien gouvernemental chinois massif, par peur de représailles.
« Nous sommes arrivés à la conclusion, à la Commission, que le vrai problème avec la Chine, c'est les subventions. Nous prenons de plus en plus de mesures à cet égard », a assuré Karel De Gucht, en marge d'un voyage en Finlande, vendredi 25 février. Le commissaire au Commerce a toutefois laissé entendre que ses services comptent sur les entreprises européennes pour fournir des preuves que les programmes d'aide et de financement engagés par Beijing donnent des avantages à leurs rivaux chinois. Ce que de nombreuses firmes européennes opérant en Chine sont peu disposées à faire par crainte de représailles. « Le grand problème avec les subventions, c'est que nous avons besoin de preuves. Nous ne pouvons pas commencer une enquête contre un pays si nous n'avons pas les preuves suffisantes. Et ces preuves doivent venir de nos firmes. Beaucoup de firmes disent dans la confidentialité que c'est inacceptable, qu'il faut faire quelque chose, mais elles craignent de le dire publiquement », explique M. De Gucht.
La légalité des subventions d'État chinoises fait actuellement l'objet d'une surveillance accrue de la part des services de l'exécutif européen, en particulier les soutiens gouvernementaux à la production chinoise dans des secteurs où l'Europe est traditionnellement forte, comme les voitures et les réseaux de télécom. L'action envisagée par Bruxelles a accru les tensions entre l'UE et la Chine, qui lutte à l'OMC pour poursuivre des programmes industriels qu'elle juge légaux. Si la Commission a récemment dénoncé publiquement les aides « massives » du gouvernement chinois aux entreprises nationales de télécoms, M. De Gucht pointe du doigt des aides qui « ne sont pas limitées à ce secteur, mais posent des problèmes dans tous les secteurs ». Aussi, quand la Commission propose que l'UE impose aux exportations chinoises de papier glacé des mesures anti-subventions, ce à quoi les Vingt-sept sont appelés à donner leur aval le mois prochain, elle entend bien en faire un précédent pour des cas semblables, laissent entendre des sources diplomatiques citées par Reuters. « Cela dérange la Chine, mais nous allons continuer ainsi », promet le commissaire au Commerce. (E.H.)