Bruxelles, 01/03/2011 (Agence Europe) - La 3ème édition du MIPEX (Migrant Integration Policy Index), outil de comparaison et d'évaluation des politiques d'intégration, est parue lundi 28 février. Cofinancé par le Fonds européen pour l'intégration, le MIPEX est un projet du Migration Policy Group (MPG, Bruxelles) et du British Council. Cet outil riche et multidimensionnel couvre un plus grand nombre de pays (31 au total, comptant trois nouveaux entrants: la Bulgarie, la Roumanie et les États-Unis) et d'indicateurs politiques que sa précédente édition de 2007, annonce un communiqué du MPG. Soulignant les grandes disparités entre les pays d'Europe dans leur façon d'intégrer leurs 20 millions de résidents étrangers, le MIPEX III fait état d'une évolution globale plutôt lente depuis 2007: il existe toujours nombre d'obstacles à la vie, au travail et à la participation active des migrants dans nos sociétés.
En tête du classement des 31 pays d'Europe et d'Amérique du Nord, on trouve la Suède, le Portugal, le Canada, la Finlande, les Pays-Bas, la Belgique, la Norvège, l'Espagne, les États-Unis, l'Italie. En fin de classement, on trouve Malte, la Slovaquie, Chypre et la Lettonie. La Suisse quant à elle se situe en 23ème place. La France vient se placer au 15ème rang, l'Allemagne et le Royaume-Uni se partagent la 12ème place.
Le MIPEX relève qu'en Europe, les principaux obstacles en matière d'intégration restent l'accès à la nationalité, la participation politique et l'accès à l'éducation. Ces deux derniers domaines sont ceux pour lesquels la France obtient ses moins bons résultats. L'étude indique ainsi qu'en France « les nouveaux arrivants sont confrontés aux politiques d'intégration les moins favorables et les plus contradictoires » par rapport aux principaux pays d'immigration. Sauf pour l'emploi, la Belgique est bien classée pour l'intégration des étrangers: 1ère place pour la possibilité de résidence à long terme, 4ème place pour l'accès à la nationalité et 3ème place pour l'accès à l'enseignement. Quant au Canada, il a progressé de deux rangs, jusqu'à la 3ème place depuis 2007, suite aux efforts faits par le gouvernement pour mieux reconnaître les compétences des travailleurs formés à l'étranger.
La notion de participation politique fait principalement référence au droit de vote des étrangers aux élections locales qui n'existe pas en France, contrairement à la plupart des pays facilitant la naturalisation. L'analyse de l'accès à l'éducation met quant à elle en lumière une nécessité de renforcer les mesures éducatives ciblées pour les enfants migrants. Point positif: la France atteint son meilleur score pour la lutte contre la discrimination, domaine dans lequel elle rejoint le peloton de tête du classement global.
Les résultats du MIPEX seront présentés lors d'une conférence organisée par les partenaires français du projet, France terre d'asile et Terra Nova, et le British Council, le 16 mars 2011. http://www.mipex.eu (G.B.)