login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10301
Sommaire Publication complète Par article 11 / 30
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/transport

Feu vert aux énergies propres dans le transport

Bruxelles, 25/01/2011 (Agence Europe) - Les carburants alternatifs au pétrole ont le potentiel nécessaire pour remplacer progressivement, d'ici 2050, les sources de l'énergie fossile dans le secteur du transport. Leur introduction doit être harmonisée à l'échelle européenne et différenciée en fonction du mode du transport. Telles sont les conclusions d'un rapport d'experts sur les carburants du futur pour les transports présenté mardi 25 janvier à la Commission européenne. La Commission présentera à la fin de l'année une initiative sur les systèmes de transport propres (Clean Transport Systems) qui encadrera l'introduction dans le secteur des carburants alternatifs. La consultation publique sur les options politiques en la matière devrait être lancée au printemps, a annoncé Siim Kallas, en précisant que le rapport présenté lundi sera le « document clef » dans l'élaboration de la stratégie.

« Notre objectif est de remplacer pleinement le pétrole comme source d'énergie dans le transport. Il s'agit du long terme - à l'horizon 2050 », a précisé le commissaire aux Transports lundi au cours d'une rencontre avec les acteurs du secteur. « Si nous voulons rendre les transports réellement durables, nous devons nous tourner vers les carburants alternatifs. Et, pour ce faire, nous devons tenir compte des besoins de tous les modes de transport », a-t-il ajouté.

Rédigé sur base du mandat donné au groupe d'experts présidé par Franz Söldner de la DG MOVE (Mobilité et Transports) et composé de représentants de la Commission et d'une cinquantaine d'organisations sectorielles, le rapport est le premier à prendre en compte les besoins de tous les modes de transport. Il ne recommande pas des sources d'énergie uniques, même si, selon les experts, il serait techniquement possible de faire fonctionner l'ensemble du secteur avec les biocarburants ou les carburants synthétiques. En revanche, il propose d'utiliser dans le transport plusieurs sources d'énergie [électricité, biocarburants, méthane, GPL (gaz de pétrole liquéfié) ou carburants synthétiques] adaptées au mode du transport. Ainsi, pour le secteur routier, le groupe d'experts recommande l'usage de l'électricité pour les courtes distances, de l'hydrogène ou du méthane pour les trajets moyens ou les biocarburants/carburants synthétiques, le GNL (gaz naturel liquéfié) ou le LPG pour les longues distances (actuellement 3% des voitures en Europe, soit environ 5 millions, utilisent cette source d'énergie et l'infrastructure mise en place consiste en 27.000 stations-service). Le secteur ferroviaire devrait être, dans la mesure du possible, électrifié, ou utiliser les biocarburants alors que l'aviation devrait avoir recours au kérosène dérivé de la biomasse (biocarburants ou carburants synthétiques). Pour le transport maritime et fluvial, les solutions sont encore plus complexes. Les biocarburants peuvent être utilisés par tous les navires. Le transport navigable et les petits bateaux devraient être alimentés par l'hydrogène qui peut être produit à partir de toute source d'énergie primaire. Pour la navigation à courte distance, la solution optimale serait de passer au GPL, alors que pour le transport maritime l'étude recommande l'introduction du nucléaire ou du GNL. Le rapport souligne aussi que le passage aux biocarburants ou aux carburants synthétiques ne demandera pas des changements majeurs de l'infrastructure d'approvisionnement. Le groupe estime que l'introduction des principaux carburants alternatifs devrait être effectuée selon les mêmes standards partout en Europe. Les mesures incitatives au passage à des sources d'énergie plus propres devraient être, elles aussi, harmonisées à l'échelle européenne.

La réduction de la dépendance au carbone est l'une des principales priorités de la stratégie UE 2020 et de la politique des transports. Les deux tentent, d'une part, de réduire le niveau des émissions du gaz à effet de serre (CO2) et, d'autre part, de réduire la dépendance du secteur du transport au pétrole, qui se raréfie progressivement, mais qui constitue aujourd'hui la source majeure d'énergie surtout pour la route (55,5%) et le secteur aérien (99,9% du carburant aérien est basé sur des produits dérivés du pétrole, selon le rapport). L'objectif à long terme pour toute l'UE serait de réduire les émissions du CO2 de 80% à 95% par rapport à 1990 d'ici 2050 en substituant aux sources d'énergie fossiles une énergie à faible teneur de carbone. Le secteur du transport lui-même serait tenu de réduire ses émissions d'environ 70% sur la même période selon les projets du nouveau Livre blanc sur la politique commune du transport qui doit recenser les indications en la matière. La pression sur le secteur est d'autant plus grande, qu'il s'agit, rappelons-le, du seul secteur industriel où, malgré les efforts, les émissions de CO2 se sont accrues ces derniers temps. Tous modes de transport confondus, le secteur est responsable de 20% de l'ensemble des émissions de l'UE, la part du transport routier y représentant 80%. Précisant les mesures qui vont suivre avant la présentation à la fin de l'année de la stratégie sur les systèmes de transports propres, M. Kallas a annoncé le lancement au printemps d'une consultation publique. La Commission est aussi en train d'attendre les résultats d'une étude globale sur le coût de la stratégie. Interrogé sur cette question, le commissaire aux Transports a été prudent, insistant sur une distribution réfléchie des ressources financières. (A.By.)

Sommaire

JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES