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Bulletin Quotidien Europe N° 10248
Sommaire Publication complète Par article 31 / 32
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 889

*** VINCENT DUJARDIN, YVES DE CORDT, RAFAEL COSTA, VIRGINIE DE MORIAME (sous la dir. de): La crise économique et financière de 2008-2009. L'entrée dans le 21e siècle ? Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (1 av. Maurice, B-1050 Bruxelles. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: pie@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection « Relations financières internationales », n° 3. 2010, 383 p., 40,50 €. ISBN 978-90-5201-539-2.

La crise financière et économique qui a frappé le monde à partir de 2008 a ébranlé les convictions et les certitudes les mieux établies. Seules sont restées - et demeurent encore - des questions, beaucoup de questions. La comparaison avec la crise de 1929 était-elle ainsi pertinente ? En quoi les responsables politiques ont-ils fait mieux que leurs prédécesseurs ? De manière plus large, comment le monde avait-il fait face aux crises précédentes ? Les médias se sont-ils, ces derniers mois, cantonnés dans un rôle d'information ou ont-ils joué un rôle d'acteur ? Que penser des différents plans de sauvetage, de la réglementation ou de la régulation des marchés et des institutions financières en Europe et au niveau mondial ? Faut-il remettre en cause de manière radicale l'autorégulation dans le domaine du droit des sociétés ou peut-on encore tenter de parvenir à un équilibre entre hard law et soft law pour renforcer la gouvernance d'entreprise ? Que penser du problème chaque jour plus criant de l'endettement des États et de ses conséquences éventuelles sur leur engagement dans la vie économique ? La crise va-t-elle par exemple, dans ce contexte, conduire à plus d'Europe ?

Les fidèles de l'Agence Europe et de ses « Au-delà de l'information » savent que l'Europe, en termes de gouvernance économique, a plus progressé au cours des vingt-quatre derniers mois que depuis l'adoption des premiers traités de Rome - lesquels constituaient, en termes de gestion économique, une régression par rapport au Traité de Paris ayant institué la Communauté européenne du charbon et de l'acier. Ils n'en liront pas moins avec grand intérêt les réponses qui sont apportées dans cet ouvrage après l'avoir été dans un colloque organisé en mai 2009, à Louvain-la-Neuve, à l'initiative de l'Institut d'études européennes de l'Université catholique de Louvain. C'est que ces réponses sont le fruit d'une approche interdisciplinaire ayant mobilisé, entre autres, la Fondation internationale Triffin, le département de sciences politiques, la Louvain School of Management, la Faculté de Philosophie et lettres, ainsi que l'Observatoire du récit médiatique. Il fallait bien le concours de ces différents pôles de recherches pour tenter de cerner les différentes facettes d'une crise hors du commun tant par sa complexité que par ses conséquences, tout en veillant à conjuguer aussi les perspectives nationales (surtout belges, en l'occurrence), européennes et internationales. Mission accomplie, tant ce très riche ouvrage offre des analyses qui mélangent les regards des experts financiers et monétaires les plus pointus, à l'instar d'Alexandre Lamfalussy, à ceux d'historiens, d'économistes, de juristes, de politologues et de praticiens, le moins connu parmi ces derniers n'étant pas Jean De Ruyt, actuel Représentant de la Belgique auprès de l'Union.

L'ouvrage est structuré en cinq parties. La première consiste en une « mise en perspective de la crise économique et financière » contemporaine, Alexandre Lamfalussy en expliquant la spécificité tandis que le Pr. Youssef Cassis (Université de Genève) la présente comme « la première grande crise financière véritablement globale de l'histoire ». Trois autres contributions s'intéressent à la responsabilité des banques et des autorités dans la crise et aux différentes raisons pour lesquelles les médias n'ont rien vu venir (« la proximité avec le secteur couvert, l'absence de regard critique, le manque de diversité des sources consultées, les difficultés structurelles à mener des investigations de longue durée sont autant de facteurs qui ont contribué au manque d'anticipation de la crise financière par la presse », assène le Pr. Marc Lits), tandis que Bernard Remiche, président du département de droit économique et social de l'UCL, plaide pour une régulation entre la légalité et l'opportunité économique, l'indispensable réforme du système après des années « d'excès de libéralisme » passant, selon lui, « d'abord par la restauration et l'instauration de valeurs et une hiérarchisation entre celles-ci qui prennent pour centre l'Homme et l'humanité, ce qui implique de s'interroger sur l'avenir éthique de nos sociétés ». Après une deuxième partie de nature plus historique avec, entre autres, un décryptage du modèle américain, la troisième, plus technique mais pas moins intéressante, est consacrée à « la régulation des sociétés cotées et du secteur financier aux niveaux national et européen », le Pr. Christian de Visscher y commentant le modèle institutionnel de coordination renforcée dans la régulation multiniveaux des marchés financiers mis en place suite au rapport Lamfalussy.

Après une quatrième partie abordant certains aspects de la dimension internationale de la crise (les bulles boursières, le rôle des monnaies et des dettes souveraines dans l'émergence de nouveaux équilibres mondiaux, le rôle de la Banque des règlements internationaux), la dernière reprend des contributions de nature plus philosophique. Ainsi, Christian Arnsperger part du « rôle de l'angoisse dans la financiarisation » pour discerner « une crise dont les causes sont existentielles », expliquant: « c'est le capitalisme lui-même qui, en accroissant les angoisses de tous (riches comme pauvres) au lieu de les amoindrir, a précipité la financiarisation à outrance, le surendettement, la compétition bancaire et, in fine, la crise ». Ce qui renvoie à la question formulée ensuite par l'avocat Robert Wtterwulghe: « La cupidité, l'arrogance (…) ne sont-ce pas là les vraies causes de la crise ? » Poser la question, c'est à l'évidence y répondre, ce qui amène à penser que le Pr. Isabelle Cassiers a tout sauf tort lorsqu'elle appelle à « articuler la recherche d'une sortie de crise au respect de l'environnement, à une répartition plus équitable, à une légitimation démocratique de l'intervention publique et à une interrogation sur le sens de nos activités ».

Michel Theys

*** HERBERT DIETER: Die internationalen Finanzmärkte stellen die Eurozone auf die Probe. Stiftung Wissenschaft und Politk / Deutsches Institut für Internationale Politik und Sicherheit (3-4 Ludwigkirchplatz, D-10719 Berlin. Tél.: (49-30) -80070 - fax.: 88007100 - Courriel: swp@swp-berlin.org - Internet: http://www.swp-berlin.org ). Collection « SWP - Aktuell », n° 19. 2010, 4 p.

La crise financière qui a frappé l'Europe en 2008 et 2009 a eu notamment pour conséquence ce qu'on a appelé depuis la « crise grecque ». De longue date connu pour son manque de rigueur budgétaire, ce pays a connu au début de l'année une situation dramatique, à l'aune de déficits publics abyssaux ainsi que d'une perte de crédibilité d'Athènes sur le plan budgétaire et statistique. Par conséquent, la stabilité de la monnaie unique a été mise en cause, ce qui a suscité un débat sans précédent sur la gouvernance économique au sein de l'Union européenne. Au plus fort de la crise, certaines hypothèses extrêmes ont circulé, comme celles, par exemple, de la fin de la monnaie unique ou de la banqueroute de la Grèce. Dans cette brève étude, Herbert Dieter reprend les faits principaux de la crise grecque avant d'analyser les conséquences de celle-ci pour le système bancaire allemand, pour l'euro ou pour la Grèce elle-même. Il s'attaque ensuite minutieusement au thème de l'ordre financier international, y envisageant l'émergence d'un nouvel ordre, donc de nouveaux règlements, ainsi que le rôle que l'Union pourrait jouer à cette fin. (JD)

*** ROBERT JABLON, LAURE QUENNOUELLE-CORRE, ANDRE STRAUS: Politique et finance à travers l'Europe du XXe siècle. Entretiens avec Robert Jablon. Presses Interuniversitaires Européennes / Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection « Enjeux internationaux », n° 7. 2009, 399 p., 47,50 €. ISBN 978-90-5201-543-9.

Cet ouvrage est aussi résolument atypique que captivant. Pourquoi ? Parce qu'il raconte le parcours d'un personnage de roman… parfaitement réel, ce qui est très rarement le cas. Cette fois, le personnage s'est confié en chair et en os à différentes personnes, dont deux historiens spécialisés dans le domaine de la finance qui ont été ses complices dans l'écriture de ce livre. À travers ces entretiens et les pages qui en recueillent la sève, c'est l'histoire d'un juif allemand, né Jablonski à Paris en 1909, qui rentre dans sa famille maternelle à Darmstadt, alors capitale du grand duché de Hesse, où il découvre les inconforts d'une double identité française et allemande. Étudiant en droit, il sera élu président de l'Union pacifiste des étudiants allemands et tâtera de la politique, notamment au sein d'une organisation clandestine d'extrême gauche qui milite pour l'unité d'action de la gauche antinazie. Un temps arrêté par les chemises brunes et privé de son emploi d'avocat en 1933 par les lois antisémites, ses activités de militant se poursuivront ensuite au sein du mouvement Neu Beginnen, jusqu'au moment où il jugera plus prudent de quitter l'Allemagne pour Paris, après un détour par Prague. Dans la Ville Lumière, il rencontre Germaine de Rothschild qui met alors sur pied le Comité israélite français pour les enfants d'Allemagne et d'Europe centrale. Il en devient le secrétaire général. La guerre venue, il renoue avec des activités de résistant. À la Libération, il change de nom, devient Robert Jablon, et entre alors pour trente ans à la Banque Rothschild dont il sera l'administrateur de 1968 à 1978. C'est l'histoire de cette vie hors du commun et un éclairage sur les activités de cette banque d'affaires et du groupe qui se retrouvent consignés dans ces pages, ses deux complices ayant ajouté au témoignage de Robert Jablon, disparu en 2008, de très utiles éclairages d'historiens. (PBo)

*** PASCAL LELE: Après la crise des subprimes: le nouveau partenariat social. Performance opérationnelle: réduction des pertes, prévention des risques psychosociaux et bonus / Volume 2: Industries. Peter Lang (1 Moosstrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen, Suisse. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 376727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2010, 387 p., 60 €. ISBN 978-3-0343-0339-2.

L'Enterprise risk management a acquis ses lettres de noblesse en tant que comptabilité d'entreprises et de contrôle du risque de contrepartie (client interne et client externe) au sommet du G20 de Pittsburgh. Les rémunérations valables devront être désormais liées aux performances des individus, de leurs équipes et de leur groupe, tandis que le versement des bonus sera lié aux exigences de capitalisation: les sociétés insuffisamment capitalisées seront tenues par leur régulateur national de limiter le versement des bonus. Œuvre d'un professeur de management accounting et psychosociologue expert en dynamique des organisations, ce livre réservé aux seuls spécialistes met en œuvre, à la lumière de constructeurs et équipementiers automobiles, les pratiques internes de comptabilité dynamique de Gouvernance, Risque et Conformité requises pour cet objectif. L'auteur y prône notamment des budgets de rémunération variable ou des bonus qui reposent sur des stratégies de « Récompense Maximum Commune » contraires aux stratégies de « Récompense Maximum Individuelle », cette approche étant, selon lui, particulièrement efficace pour la prévention de risques psychosociaux tels que burn-out, stress, souffrance au travail, harcèlement moral, etc. Ce volume est dédié aux sociétés de marché, PME et entreprises du secteur public, le premier l'ayant été aux établissements de crédit, entreprises d'investissement et sociétés d'assurances. (PBo)

*** European View. EUROPE 2020 and beyond. Editions Springer (7 Haberstrasse, D-69126 Heidelberg, Allemagne. Tél.: (49-6221) 345-4304 - fax: 345-4229 - Courriel: subscriptions@springer.com - Internet: http://www.springer.com ). Juin 2010, 127 p..

Voici le nouveau numéro d'European View, revue du Centre pour les études européennes, nom sous lequel se cache le groupe de réflexion officiel du Parti populaire européen. Conçu comme une plateforme intellectuelle destinée aux responsables politiques, faiseurs d'opinions et académiciens, le Centre vise à apporter une touche démocrate-chrétienne aux débats sur les domaines d'importance en politique européenne et internationale, en se focalisant sur un thème spécifique dans chaque numéro. La particularité de la collection est de mêler des contributions d'universitaires et d'experts avec celles de dirigeants politiques de renom et d'autres décideurs. Ce numéro prend pour thème l'horizon 2020 et les défis posés à l'Union d'ici à cette date et au-delà. La crise actuelle et différentes solutions pour la résorber sont examinées, notamment sous la signature de personnalités telles que Wilfried Martens, président du PPE, le président José Manuel Barroso ou l'ancien Premier ministre espagnol José Maria Aznar. Tous proposent des pistes pour restaurer la croissance économique, d'une part, et assurer que cette dernière soit stable et pérenne - et capable de résister aux caprices des marchés - pendant la prochaine décennie, de l'autre. La revue traite également de la problématique de l'énergie et de l'environnement, avant d'avancer quelques idées de stratégies à adopter afin de renforcer la position de l'Europe sur l'échiquier mondial. (NDu)

*** BERNARD DEFLESSELLES: L'état du programme Galileo. Commission des Affaires européennes de l'Assemblée nationale (Boutique de l'Assemblée nationale, 7 rue Aristide Briand, F-75007 Paris. Tél.: (33-1) 40630033 - Internet: http://www.assemblee-nationale.fr ). Collection « Rapport d'information », n° 2142. 2009, 48 p., 3,50 €. ISBN 978-2-11-125874-7.

Ce Rapport d'information fait le point sur Galileo, soit « un programme qui avance par résolution de crises successives ». Le député français qui le signe analyse les caractéristiques et les causes de ces crises qui sont sources de surcoûts et, plus encore, de retards.

(MT)

*** HENRI CAPRON, DIDIER BAUDEWYNS, MARIE DEPELCHIN: Les Établissements scientifiques fédéraux. Éditions de l'Université de Bruxelles (26 av. Paul Héger, B-1000 Bruxelles. Tél.: (32-2) 6503799 - fax: 6503794 - Courriel: editions@admin.ulb.ac.be - Internet: http://www.editions-universite-bruxelles.be /). Collection « Économie ». 2010, 246 p., 30 €. ISBN 978-2-8004-1488-1.

Cet ouvrage voit des chercheurs analyser en profondeur les impacts culturels, scientifiques, sociaux et économiques des dix Établissements relevant de la Politique scientifique fédérale en Belgique, de l'Institut royal météorologique à la Bibliothèque royale en passant par plusieurs musées. Les auteurs montrent entre autres que, loin d'être des gouffres financiers comme le colporte la rumeur publique, ces établissements rapportent bien plus à la collectivité qu'ils ne lui coûtent. (PBo)

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