Bruxelles, 27/10/2010 (Agence Europe) - Mettre l'économie sur la voie d'une croissance dynamique en renforçant la compétitivité de l'UE, fournir des emplois et permettre la transition vers une économie à faible teneur en carbone et économe en ressources: telle est l'ambition de la nouvelle politique industrielle de l'UE souhaitée par la Commission européenne qui devrait adopter, ce jeudi 28 octobre, une communication intitulée 'une politique industrielle intégrée à l'ère de la mondialisation: placer la compétitivité et la durabilité au centre de l'attention'. Il s'agit de l'une des sept initiatives-phares qui sous-tendent la stratégie économique décennale de l'UE, EUROPE 2020.
Préparée par les services du commissaire européen à l'Industrie Antonio Tajani, une nouvelle approche est proposée en matière de politique industrielle caractérisée par: - le fait de réunir une base horizontale et une application sectorielle. Tous les secteurs (transport, énergie, politiques environnementale, sociale et des consommateurs, marché unique, politique commerciale) sont importants et la Commission continuera à leur appliquer une approche « sur mesure ». Le cas échéant, la Commission examinera les mesures appropriées pour informer les consommateurs et promouvoir les excellences industrielles dans des secteurs donnés ; - des réponses européennes et coordonnées. La division du travail à travers le monde s'intensifie et les concepts de secteurs nationaux ou d'industries ayant peu d'interaction avec d'autres secteurs ou avec le reste du monde sont de moins en moins pertinents ; - l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement doit être prise en compte (de l'accès aux matières premières et à l'énergie jusqu'au service après vente et au recyclage des matériaux). Et certaines parties de cette chaîne sont tenues d'être hors Europe, d'où la nécessité pour toutes les industries d'avoir un « réflexe de mondialisation » ; - la Commission va régulièrement faire rapport sur la compétitivité de l'UE et des États membres et sur la performance des politiques industrielles.
Améliorer les conditions pour l'industrie. La Commission estime que des efforts restent à faire en matière de réglementation intelligente (analyse des effets sur la compétitivité de toutes les propositions importantes ayant des répercussions considérables sur l'industrie, révision du « Small Business Act » afin de continuer à améliorer l'environnement des affaires pour les PME et de traiter des nouveaux sujets tels que l'accès aux éco-marchés et à l'éco-innovation, ou encore la coopération entre les entreprises et l'internationalisation).
Améliorer l'accès aux financements. La Commission préconise la mobilisation de davantage de capitaux privés en faveur des investissements productifs, en particulier à travers les marchés de capital-risque. Elle réfléchit à de nouvelles solutions pour tenir compte de la détérioration de la situation des finances publiques dans de nombreux États membres, comme « des régimes cofinancés par la politique régionale et la politique agricole commune ».
Renforcer le marché unique. Le marché unique, lui aussi, doit être renforcé pour pouvoir exploiter toutes ses possibilités. Notamment via l'amélioration du système européen en matière de droits de propriété intellectuelle ou encore le renforcement de la lutte contre la contrefaçon et le piratage. La Commission propose aussi l'adoption d'un plan d'action pluriannuel pour développer la surveillance des marchés de l'UE. Et aussi de renforcer les infrastructures et d'accélérer le processus de normalisation. En outre, la Commission proposera en 2011 une nouvelle initiative sur la responsabilité sociale des entreprises.
Innovation. La Commission s'engage à présenter en 2011 une nouvelle stratégie sur les « clusters et les réseaux », avec des mesures spécifiques destinées aux industries traditionnelles et émergentes. Elle lancera par ailleurs une initiative pour promouvoir la commercialisation des technologies-clés génériques et encouragera les technologies de fabrication de pointe, à travers l'initiative « usines pour le futur ».
Commerce et régulation internationale. La Commission annonce qu'elle transmettra au Conseil européen de printemps un rapport annuel sur les barrières commerciales et les barrières à l'investissement. La Commission suggère également d'intensifier les liens de l'UE avec ses partenaires, et principalement ceux de l'Union pour la Méditerranée et du Partenariat Oriental.
Modernisation de l'industrie. La Commission propose des mesures pour stimuler les investissements pour aider à la transition vers une économie pauvre en carbone et riche en efficacité énergétique. La Commission lancera un plan d'action en matière d'éco-innovation. La Commission insiste sur le besoin de procéder aux ajustements nécessaires après la crise économique (capacités excédentaires dans certaines industries). Dans ce contexte, il faudra revoir (en 2012) les lignes directrices en matière d'aides d'État au sauvetage et à la restructuration. La Commission propose aussi de soutenir les pays et les régions au travers de la politique de cohésion pour arriver à la diversification des industries.
La Commission proposera en 2011 des mesures pour mettre en œuvre les priorités en matière de politique spatiale.
Enfin, des objectifs chiffrés sont prévus pour mesurer le succès de cette nouvelle politique industrielle: la compétitivité internationale de l'industrie doit être améliorée de 1 % par an ; 5 millions de nouveaux emplois doivent être créés dans l'industrie et les services liés aux entreprises d'ici à 2020 (dont 3 millions dans les PME ; la production manufacturière doit augmenter de 2,5 % par an ; les exportations manufacturières doivent augmenter de 5 % par an, dont deux tiers issus de secteurs de moyenne à haute technologie.
« L'industrie est au cœur de l'Europe et est indispensable pour trouver des solutions aux défis de notre société. L'Europe a besoin de l'industrie et l'industrie a besoin de l'Europe », devrait dire Antonio Tajani, en présentant cette communication. (L.C.)