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Bulletin Quotidien Europe N° 10245
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/social

L'austérité, chronique d'un appauvrissement annoncé, selon la CES

Bruxelles, 27/10/2010 (Agence Europe) - Mercredi 27 octobre, le secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) John Monks a mis une nouvelle fois en garde contre les mesures d'austérité « qui mènent l'économie et les citoyens à la ruine ». Il a jugé inacceptables les mesures « sévères et punitives » de gouvernance économique annoncées par la Commission européenne. Raison pour laquelle, dans les mois à venir, la CES et ses affiliés ont décidé de continuer et d'intensifier leur campagne contre l'austérité. Prochaine action dans toute l'Europe: le 15 décembre 2010 à la veille du Sommet européen de décembre.

Pour les syndicats, il existe des alternatives aux mesures d'austérité imposées par de nombreux gouvernements européens et il est possible et nécessaire de mettre en place dès maintenant une autre gouvernance économique et sociale qui profite à tous. Par ailleurs, la décision de la Commission européenne d'imposer des sanctions aux États membres ne respectant pas le Pacte de stabilité reviendra à faire payer aux travailleurs l'entièreté de la crise. La poursuite de la crise est à coup sûr la chronique d'un appauvrissement annoncé.

Pacte pour le marché unique. John Monks a assuré que la CES continuera ses efforts en faveur d'une clause de progrès social et d'une révision de la directive sur les travailleurs détachés afin de neutraliser les effets négatifs des récents arrêts de la Cour de justice de l'UE sur les droits fondamentaux des travailleurs. « L'idée d'un marché social en plus d'un marché unique en Europe a fait l'objet de nombreuses interrogations dans de nombreux États membres, et plus particulièrement en Pologne et au Royaume-Uni. Le marché unique sera-t-il seulement un marché unique ou sera-t-il un marché avec une dimension sociale ? Je réagirai demain, devant le Sommet social tripartite », a commenté John Monks.

Lutte contre l'austérité. « Il faut continuer à stimuler les économies dans les pays forts sans trop se soucier des dettes à long terme, qu'il faut considérer comme un emprunt hypothécaire », a affirmé le secrétaire général de la CES. Pour montrer qu'il ne faut pas craindre les dettes inscrites sur le long terme, John Monks a cité l'exemple du Royaume-Uni « qui a fini de payer sa dette de la seconde guerre mondiale en 2007 », tandis que l'Allemagne « est toujours en train de rembourser sa dette de la première guerre mondiale ! ».

« Nous sommes en désaccord total avec l'analyse qui prévaut au sein de l'UE selon laquelle l'austérité est la bonne voie pour la relance. En fait, elle pourrait mener à la ruine. Il y a deux ans, les gouvernements de l'UE ont stimulé leurs économies (…) Tout le monde s'est engagé dans les réductions, même les salaires réels et les pensions diminuent et cela entraîne une diminution de la demande pour les biens et les services. Il s'agit là d'une politique économique pro-cyclique qui risque de conduire à une profonde récession », a-t-il précisé.

Gouvernance économique. Les projets de l'UE sont « sévères et punitifs » d'une part et d'autre part « peu convaincants ». Même compte tenu de l'assouplissement proposé par la France et l'Allemagne, il est difficile de croire que l'Europe pourra d'une manière ou d'une autre condamner un État membre à une amende sans provoquer une crise au sein de l'UE. Si la gouvernance économique signifie seulement « sanctions automatiques », cela ne marchera pas. « Il faut une approche plus solidaire pour garder le cap avec des règles », a affirmé M. Monks.

Le sauvetage des banques coûte énormément d'argent aux gouvernements et aux contribuables. Peut-on l'éviter ? « Les gouvernements devraient sauver leur banque mais les coûts sont énormes. Par exemple, le sauvetage irlandais de leurs grandes banques valait plus que le total du PIB irlandais ! », a noté John Monks.

Quel sera message central de la CES aux dirigeants réunis en sommet ce jeudi à Bruxelles ? Pourquoi ont-ils ignoré la dernière journée d'action syndicale du 29 septembre dernier ? « Je pense que les dirigeants ont plus peur des marchés obligataires et de leur côte de notation qui leur coûtera plus cher. La grande priorité pour eux, c'est le besoin de maintenir la notation sur les marchés européens. Pour nous, syndicats, il n'y a pas d'autres solutions que de continuer à se mobiliser », a souligné John Monks.

À propos des retraites, John Monks a rappelé qu'elles relèvent de la compétence des États membres. Pour la CES, la vraie question qui est posée, c'est celle de l'emploi des jeunes et des seniors, pas celle de l'allongement de la durée du travail. Ce qu'il faut, ce sont des emplois, car sans emploi, on ne peut maintenir au travail des seniors ou en donner aux jeunes. (G.B.)

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