Bruxelles, 18/10/2010 (Agence Europe) - L'UE et la Russie pourraient à l'avenir intensifier leur coopération en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense à travers la mise sur pied d'un « comité politique et de sécurité euro-russe » qui réunirait les ministres des Affaires étrangères des 28 pays ainsi que le haut représentant de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton. L'idée de créer ce nouvel organe conjoint, lancée en juin par la chancelière allemande Angela Merkel et le président russe Dmitri Medvedev, devait être discutée lors du sommet trilatéral entre le président français Nicolas Sarkozy, Mme Merkel et M. Medvedev qui a commencé lundi soir 18 octobre à Deauville. La réunion est essentiellement consacrée à la sécurité en Europe. La France, soucieuse d'ancrer la Russie dans les structures occidentales, serait prête à soutenir l'initiative germano-russe. Moscou doit devenir un « partenaire » de l'Europe en matière de sécurité pour « faire face ensemble à des menaces communes », indique l'Élysée. La réunion de Deauville, qui s'achève ce mardi 19 octobre, devrait donc envoyer un signal favorable à la création du comité conjoint UE/Russie.
Resterait alors à convaincre les autres pays membres. Certains d'entre eux, comme la Pologne et les pays baltes, se méfient d'une implication trop étroite de Moscou dans la politique étrangère, de sécurité et de défense de l'UE. Catherine Ashton, quant à elle, ne souhaite pas se prononcer sur cette question. « Pas de commentaires », s'est limité à dire son porte-parole lundi.
Pour l'ambassadeur russe auprès de l'UE Vladimir Chizhov, l'objectif du futur comité conjoint ne devrait pas seulement être de discuter des questions politiques et de sécurité, mais aussi de prendre des décisions. « Nous aimerions que la Russie et l'UE soient en mesure de prendre des décisions communes » dans ces domaines, affirme M. Chizhov dans le International Herald Tribune du 18 octobre. Les relations UE/Russie en matière de politique étrangère, de sécurité et de défense doivent être « formalisées, pour être plus efficaces », dit-il. Le « conflit gelé » de la Transnistrie pourrait être un premier sujet d'intérêt commun à être abordé par ce comité, ont suggéré Mme Merkel et M. Medvedev en juin dernier. (H.B.)