Bruxelles, 18/10/2010 (Agence Europe) - La présidence belge, en étroite coopération avec la Commission européenne, a organisé, les 14 et 15 octobre derniers, une conférence sur le rôle des universités et des centres de recherche dans l'Espace européen de la recherche, sous la houlette de Benoît Cerexhe, ministre du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale chargé de l'économie, de l'emploi, de la recherche scientifique et du commerce extérieur, de Zoltan Cséfalvay, secrétaire d'État hongrois et d'Anneli Pauli, directrice générale adjointe de la DG recherche à la Commission européenne.
Dans le cadre de la stratégie UE 2020, et en particulier de sa communication du 6 octobre dernier intitulée 'Une Europe de l'Innovation', la Commission a fait de la modernisation du système éducatif l'une de ses dix priorités. Et l'excellence est mise au centre du dispositif, ce dernier s'articulant autour des trois piliers du triangle de la connaissance: la recherche, l'innovation et l'enseignement. En effet, un enseignement de qualité, tendant vers l'excellence, est à la base d'activités de recherche débouchant sur des innovations. Le lien profond unissant les activités de recherche et de formation dans les universités leur confère à ce titre un rôle unique et essentiel dans la société de la connaissance. La conférence s'est attachée à rappeler l'importance des trois éléments du triangle et leur interaction. Les débats ont abordé les liens entre le monde académique et le monde économique, l'autonomie des universités, la structuration des écoles doctorales avec, en fil conducteur, les conditions devant permettre d'atteindre l'excellence dans les universités européennes et les autres organisations de recherche. En termes de gouvernance, l'expérience a montré que l'excellence va de pair avec l'autonomie de décision des universités dans de nombreux domaines, notamment l'autonomie financière. Un certain nombre d'intervenants ont plaidé pour que le financement public des universités soit plus largement basé sur la performance ainsi que sur une mise en concurrence des institutions, ce qui ne doit pas se faire au détriment de la mission essentielle d'éducation et de formation. Les participants ont estimé par ailleurs qu'une autonomie renforcée, conjuguée à une professionnalisation de leur management permettraient aux universités de se spécialiser. Or, une spécialisation et une différenciation plus poussées des différentes universités européennes permettraient de mettre en œuvre des alliances stratégiques avec d'autres partenaires académiques et industriels de manière à exploiter les complémentarités entre ceux-ci. Enfin, la conférence a abordé le classement des universités. Les classements actuels ne prennent en compte que des indicateurs partiels qui se focalisent sur l'intensité de la recherche alors que la plupart des universités ont des profils et des missions multiples. Afin d'y remédier, l'initiative européenne U-Multirank propose un concept de classification et de classement pour chaque type ou profil d'institution d'enseignement supérieur afin de mettre en évidence l'existence d'autres formes d'excellence que l'excellence dans la recherche uniquement. Une étude pilote sera lancée sous peu. (I.L.)