Bruxelles, 18/10/2010 (Agence Europe) - José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, ne se fait pas d'illusions. Un accord mondial et contraignant sur l'après-2012 ne sera pas atteint à Cancún (Mexique, 29 novembre-10 décembre). Mais il a une idée précise de ce qu'il attend de cette seizième conférence climatique onusienne (COP 16) - un accord sur des décisions réalistes -, et compte bien que l'UE conserve son niveau d'ambition pour permettre le succès escompté à une échéance plus lointaine, en 2011, lors de la COP 17.
Grillant la politesse au Conseil Environnement du 14 octobre et au risque de froisser les ministres du Conseil sectoriel compétent, il l'a écrit dans un courrier à Herman Van Rompuy, pour préparer le Conseil européen des 28 et 29 octobre qui doit arrêter la position de négociation de l'UE (EUROPE n° 10237).
« Le Conseil européen sera une opportunité très importante de s'entendre sur un message commun et de garantir que nous pourrons aborder la prochaine réunion de l'UNFCCC à Cancún avec une position forte et cohérente de l'UE ». Allusion à mots couverts aux divisions intra-européennes dont Connie Hedegaard (alors présidente de la COP15) s'était plainte en analysant, avec le recul suffisant, l'échec de Copenhague en décembre dernier et le fait que l'UE n'ait pas été entendue.
Pour José Manuel Barroso, l'UE n'a pas à rougir puisque « notre action pour réduire les émissions est la plus ambitieuse et la plus concrète au monde ». Partant, pour Cancún, il s'agit pour les Européens d'être « à la fois confiants et réalistes ». Confiants dans l'objectif poursuivi et qui doit rester intact: « Garantir que le changement climatique soit contenu dans des limites inférieures à 2 degrés Celsius. Et pour y parvenir, il faut un accord international contraignant pour réduire les émissions ».
Réalistes, car, de l'avis du président, « tout en conservant cette ambition, nous devons aussi être conscients que les conditions d'un tel accord ne sont pas réunies ».
Cela suppose, notamment de « mettre au point une approche plus diversifiée à l'égard de partenaires clés, une approche qui identifie les domaines d'intérêt mutuel dans lesquels coopérer et permettant à ces partenaires de réduire les émissions ». La R&D, l'innovation dans les technologies propres pour l'efficacité énergétique et le développement des énergies renouvelables, sont, de l'avis de M. Barroso, les éléments de cet agenda commun. Et puisque « l'UE a fait preuve de leadership en matière climatique et de détermination à le traduire en action, nous devons maintenant adapter et expliquer notre approche commune pour adresser un message fort à nos partenaires », estime le président. (A.N.)