Bruxelles, 15/10/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne va proposer, mardi 19 octobre, d'interdire pendant cinq ans dans l'Union européenne le clonage animal destiné à l'alimentation humaine. L'objectif de la Commission est d'interdire en Europe « les pratiques commerciales visant à cloner des animaux dans le but d'en faire de la viande ou du lait », explique une source.
Mais la technique du clonage ne sera pas interdite dans l'UE pour ce qui est de la recherche sur les médicaments et des méthodes d'insémination permettant la protection des espèces en danger. « Les animaux clonés ne se mangent pas. Un animal cloné est un animal de recherche qui coûte très cher et qui est entre les mains des chercheurs et pas des bouchers ». Toutefois, la Commission souhaite apaiser les craintes suscitées durant l'été par la vente, au Royaume-Uni, de viande d'animaux clonés.
Les importations d'animaux clonés ne seront pas bannies, car cela contreviendrait aux règles de l'OMC. Mais la Commission souhaite discuter avec les États membres de la « traçabilité » des semences et embryons. Quelqu'un qui importerait de la semence d'animaux clonés, notamment des États-Unis (où cette technique existe), devrait être capable d'assurer la traçabilité des animaux descendants en question. Ceci concerne entre 2 et 3% des semences utilisées dans l'UE, tentent de rassurer les experts à la Commission. 97 à 98 % des semences ou embryons utilisés dans l'UE pour inséminer des animaux viennent de l'UE. « Donc, il n'y a pas de semences de clones dans l'UE et il n'y en aura pas par la suite car nous allons l'interdire ».
La question du clonage est le sujet controversé qui bloque les négociations entre le Conseil et le Parlement sur le règlement concernant les nouveaux aliments. Un trilogue sur ce dossier aura lieu mardi 19 octobre, à Strasbourg, entre le Conseil, le Parlement et la Commission. Aussi les services du commissaire européen à la Santé et à la Protection des consommateurs, John Dalli, ont-ils avancé la date de présentation de la communication et du rapport sur le clonage des animaux d'élevage, pour faciliter la recherche d'un compromis entre les institutions sur le règlement « nouveaux aliments ». L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) considère que la viande ou le lait des descendants des animaux créés par clonage ne représente aucun danger pour la santé humaine. La commercialisation de la viande et du lait des animaux clonés de la première génération est soumise à une autorisation préalable dans l'UE. Mais personne ne l'a jamais demandé en Europe. L'EFSA admet que les taux de mortalité et le nombre d'animaux nés avec des anomalies sont plus élevés chez les animaux clonés que chez ceux issus de la reproduction naturelle. (L.C.)