Bruxelles, 06/10/2010 (Agence Europe) - La signature formelle, mercredi 6 octobre à Bruxelles, de l'accord de libre-échange entre l'UE et la Corée du Sud, premier du genre entre l'Europe et l'Asie, fut le point d'orgue du 5ème sommet entre les Vingt-sept et leur quatrième partenaire commercial.
L'accord, qui doit s'appliquer dès juillet 2011, prévoit une libéralisation progressive et réciproque des échanges de biens et services et définit des règles liées aux aspects commerciaux (concurrence, aides d'État, propriété intellectuelle et marchés publics). Il prévoit encore l'élimination par les parties dans les cinq ans à venir de 98,7% des tarifs, tant dans l'industrie que dans l'agriculture, et la disparition quasi totale des tarifs restants sur des périodes de plus longue durée. Au total, l'UE bénéficiera d'une suppression de droits sur ses exportations vers la Corée du Sud de 1,6 milliard d'euros.
L'accord comporte en outre le démantèlement des barrières non tarifaires, notamment des réglementations et normes dans l'automobile, les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux, les produits chimiques ou l'électronique grand public. Il comprend aussi des protocoles relatifs aux règles d'origine, à la coopération douanière et à la coopération dans le domaine culturel. Enfin, il contient des dispositions sur le développement durable qui couvrent les questions sociales et environnementales.
Côté européen, l'accord doit désormais être ratifié par le Parlement, lors d'un vote prévu à la mi-octobre. Conseil et Parlement doivent encore s'accorder sur les modalités d'une clause de sauvegarde pour l'automobile.
« Cet accord est de loin le plus important jamais conclu par l'UE en bilatéral. Il devrait doubler le commerce bilatéral à long terme », a commenté le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso. Comme le stipule leur déclaration conjointe, l'UE et la Corée du Sud « se sont mises d'accord pour forger un partenariat stratégique », s'est félicité le président sud-coréen Lee Myung-bak. Pour le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, cet accord « envoie un signal fort que la libéralisation du commerce est un élément clé de la reprise de l'économie mondiale ».
Dans leur déclaration, les parties confirment aussi leur engagement « à faire [leur] part pour atteindre les objectifs partagés » dans le cadre du G20, dont celui de conclure le round de Doha. En matière climatique, elles s'engagent à « poursuivre un haut degré d'ambition pour réduire les émissions de CO2 ». Enfin, les parties réaffirment leur soutien aux négociations à Six pour une résolution pacifique du conflit coréen. (E.H.)