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Bulletin Quotidien Europe N° 10230
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/pÊche

Les négociations délicates sur la gestion des stocks de maquereau reprennent la semaine prochaine

Bruxelles, 06/10/2010 (Agence Europe) - Les négociations entre les États côtiers sur la gestion des stocks de maquereau dans les eaux de l'Atlantique Nord-est reprennent la semaine prochaine, du 12 au 14 octobre à Londres, sans qu'il soit possible de déterminer si un accord pourra être atteint, tant les positions paraissent inconciliables entre l'UE d'un côté, et l'Islande et les îles Féroé de l'autre. La Commission européenne, qui négocie au nom de l'UE, espère parvenir à un accord entre les États côtiers sur un plan de gestion à long terme du maquereau, mais « pas à n'importe quel prix ». Elle continue de dénoncer les quotas unilatéraux importants que se sont alloués l'Islande et les îles Féroé, mais admet qu'il faudra tenir compte de la migration importante des maquereaux dans leurs eaux de ces deux pays, en raison du réchauffement climatique. Maria Damanaki, la commissaire à la Pêche, avait même lors du dernier Conseil des ministres européens compétents, laissé entendre qu'elle n'hésiterait pas à suspendre les accords bilatéraux de pêche (qui portent sur d'importants échanges de quotas) que l'UE signe chaque année avec l'Islande et les îles Féroé.

Les différentes parties concernées (UE, Norvège, îles Féroé et Islande) ne sont pas parvenues, cette année, à reconduire un accord qui a expiré fin 2009 sur la gestion des activités de pêche au maquereau. De fait, il y a quelques mois, l'Islande (qui est un nouvel acteur dans la négociation entre États côtiers sur le maquereau) s'est octroyé un quota de 130 000 tonnes, et les îles Féroé se sont arrogé un droit de pêche de 85 000 tonnes. L'UE a conservé son total admissible de capture (TAC) en vertu de l'accord ayant expiré fin 2009, soit 367 000 tonnes, dont: Royaume-Uni: 173 000 tonnes ; Irlande: 62 000 tonnes ; Pays-Bas: 29 000 tonnes ; Danemark: 28 000 tonnes ; Espagne: 28 000 tonnes ; France: 14 000 tonnes.

Cette pêche à grande échelle a évidemment des conséquences sur l'état des stocks. La limite des prélèvements conseillée par les scientifiques serait atteinte (570 000 tonnes). Les Islandais n'ont pas du tout apprécié les remarques de Mme Damanaki, à l'issue du dernier Conseil des ministres européens de la Pêche (le 27 octobre) accusant l'Islande et les îles Féroé de « défier toute politique de gestion durable » des stocks de maquereau. « Les autorités islandaises rejettent fortement l'allégation selon laquelle l'Islande porte la responsabilité du fait que les prises totales de maquereaux par les États côtiers excéderont la limite fixée par les experts scientifiques », a rétorqué le ministère islandais de la Pêche, dans un communiqué publié le 30 septembre. « L'UE, les îles Féroé et la Norvège ne sont pas plus responsables que l'Islande du maintien de la pêche dans une limite durable », a-t-il ajouté. Reykjavik conclut: Les « menaces » de représailles brandies par Mme Damanaki, « comme l'annulation des accords bilatéraux, ne sont pas une bonne manière de conduire des négociations entre des États souverains. Et de telles menaces ne facilitent pas la recherche d'une solution au problème ». Il faut rappeler qu'en janvier 2010, l'UE et la Norvège ont trouvé un arrangement sur la gestion entre eux des stocks de maquereau.

Lors d'un débat au sein de la commission de la pêche du Parlement européen, mardi 5 octobre, le Néerlandais Gerard van Balsfoort, membre du conseil consultatif régional pélagique, a montré que la gestion du maquereau au cours des vingt dernières années dans l'Atlantique Nord a été couronnée de succès, grâce aux efforts de l'UE et de la Norvège. Il a également souligné que l'Islande n'a jamais été partie à l'accord des États côtiers, et que, par contre, les îles Féroé l'ont sans doute enfreint en triplant leur part habituelle. L'Écossais Ian Gatt (conseil consultatif régional pélagique) a rejeté les allégations selon lesquelles l'abondance actuelle de maquereau dans les eaux au nord serait due au changement climatique. « Cela résulte d'une gestion prudente des stocks », a-t-il estimé.

Lors du dernier Conseil, tous les ministres européens de la Pêche ont admis que la seule solution est une gestion à long terme du stock et ont déploré l'attitude « irresponsable et inacceptable » tant de l'Islande que des îles Féroé. Ils ont demandé à la Commission de rester « ferme ». Le Royaume-Uni (pour qui un accord entre les États côtiers est une priorité) et l'Irlande ont préconisé de réfléchir à des sanctions (par exemple commerciales) contre ces pays ou à une suspension des accords bilatéraux. Le Portugal, le Danemark et la Suède aussi ont évoqué la dénonciation des accords bilatéraux. La France, au contraire, n'est pas favorable à la suspension des accords bilatéraux (elle est le premier bénéficiaire de l'accord avec les îles Féroé), et elle demande que toute (éventuelle) baisse du quota communautaire soit équitablement répartie entre les pays de l'UE.

Les Pays-Bas ont estimé qu'en cas d'échec des négociations et de fixations unilatérales des quotas 2011 au même niveau que 2010, alors l'UE devra envisager d'établir un lien entre le différend sur le maquereau et le dossier de l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne. Enfin, le Royaume-Uni a souligné aussi que l'UE doit « montrer l'exemple » en matière de gestion et de contrôle des activités de pêche. (L.C.)

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