Bruxelles, 06/10/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a indiqué, mercredi 6 octobre, qu'elle se félicitait d'avoir jeté les premières bases d'une coopération avec la Libye dans le domaine de l'immigration. « On va coopérer avec la Libye. C'est difficile et cela va prendre du temps, mais on a franchi un premier pas pour coopérer avec eux sur toutes les matières » relatives à l'immigration et l'asile, a déclaré Cecilia Malmström, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, après une visite effectuée pendant trois jours en Libye en compagnie du commissaire à la Politique de voisinage, Stefan Füle.
Lors de ce déplacement, la délégation européenne a conclu avec les autorités libyennes un accord portant sur un agenda de coopération notamment afin d'aider le pays à mieux lutter contre l'immigration clandestine et à renforcer le droit des réfugiés (EUROPE n° 10229). « Tout cela montre qu'il y a une ouverture du côté libyen et que l'UE a la volonté de s'engager dans ce dialogue (…) La phase suivante consistera à entrer dans tous les détails, à identifier des projets où nous pouvons concrètement coopérer », a dit la commissaire, sans toutefois fixer une date butoir pour la mise en œuvre pratique de l'accord. Alors qu'une enveloppe financière de 50 millions d'euros sera mobilisée pour la période 2011-2013 en vue d'assister les autorités libyennes, par exemple pour améliorer les conditions d'accueil des réfugiés, Mme Malmström a rappelé que ces fonds seraient dépensés de manière « très stricte » sur la base de projets qui seront « évalués, contrôlés et suivis ». Elle a également déploré que la Libye n'ait pas l'intention de signer la Convention de Genève sur les réfugiés en soulignant toutefois que ce pays avait signé la Convention de l'Organisation de l'unité africaine (OUA) qui, selon elle, est « similaire » à celle de Genève en ce qui concerne l'obligation de coopérer avec les organisations internationales sur les questions d'asile et de migration. Sur le nombre de migrants présents en Libye, Mme Malmström a reconnu qu'il était très difficile de connaître les chiffres car les autorités libyennes parlent d'une population « comprise entre 1 et 3 millions » de personnes au total. L'Office des migrations internationales (OMI) chiffre pour sa part ce nombre à 1,5 million, en provenance de l'Afrique de l'Est, de l'Ouest mais aussi du Pakistan. « En ce moment, très peu de migrants viennent en Europe. C'est aussi pour cela que nous voulons identifier ceux qui ont vraiment besoin d'une protection internationale », a-t-elle dit. Pour conclure, la commissaire a reconnu « avoir entendu » la requête faite à l'UE par les Libyens d'une aide de 5 milliards d'euros par an: « Ils ont expliqué qu'ils n'envisageaient pas d'avoir un chèque de 5 milliards, mais c'était plutôt pour l'aspect global et régional en matière de développement. C'est ce que nous donnons chaque année à l'Afrique en matière d'aide au développement. L'UE n'a pas cette somme à donner à la Libye. Nous, nous parlons d'une somme de 50 millions ». (B.C.)