Bruxelles, 06/10/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mercredi 6 octobre, une nouvelle stratégie pour répondre de manière urgente au déficit d'innovation en Europe et ne pas se laisser distancer par ses concurrents internationaux. La nouvelle approche stratégique, intitulée « Union de l'innovation », est une initiative phare de la stratégie EUROPE 2020, laquelle prévoit que la part des investissements de l'UE en matière de recherche et d'innovation va atteindre en moyenne 3% du PIB dans l'Union. La stratégie préconise également dix actions clefs visant à rendre l'UE compétitive en matière d'innovation. Il sera aussi permis au secteur public d'intervenir pour stimuler le secteur privé et pour lever les obstacles - manque de financement, fragmentation des systèmes de recherche et du marché, sous-utilisation des marchés publics pour l'innovation et lenteur des travaux de normalisation - qui empêchent les produits innovants d'accéder au marché. « Alors que nous émergeons de la crise dans un contexte de concurrence mondiale féroce, nous nous retrouvons face au besoin urgent d'innover. Si nous ne faisons pas de l'Europe une Union de l'innovation, nos économies dépériront tandis que nos idées et nos talents seront gâchés », a déclaré Máire Geoghegan-Quinn, la commissaire européenne à la Recherche.
La Commission a rappelé qu'atteindre l'objectif d'EUROPE 2020 consistant à porter les investissements en R&D à 3 % du PIB permettrait de créer 3,7 millions d'emplois et d'augmenter le PIB annuel de 795 milliards d'euros d'ici à 2025. Mme Geoghegan-Quinn a rappelé que les recherche et le développement dans l'UE est 66% inférieur aux États-Unis et 122% inférieur au Japon en part du PIB. En effet, le niveau d'investissement en recherche (montant investi en R&D par rapport au PIB) reste bloqué à 1,84% depuis plusieurs années. « L'Europe n'a pas encore cette culture d'innovation alors que la Chine et l'Inde gagnent du terrain », a constaté la commissaire. « Il faut réduire les déficits publics et être sévère sur l'endettement dans les États membres (…) Mais on peut faire des coupes sans porter atteinte à la recherche et à l'innovation car ce sont des instruments fondamentaux », a estimé Antonio Tajani, le commissaire chargé de l'Industrie.
Dans son plan stratégique, l'exécutif européen préconise dix éléments clés pour l'innovation: - La Commission mise en premier lieu sur les partenariats d'innovation européens qui mobiliseront les acteurs (européens, nationaux et régionaux, publics et privés) autour d'objectifs définis pour relever les défis sociétaux. Ces partenariats permettront de favoriser la R&D, de coordonner les investissements, d'accélérer la définition des normes et de mobiliser la demande. La Commission créera des fonds d'amorçage pour attirer les financements des parties prenantes. Un partenariat pilote sur le vieillissement actif et la bonne santé sera lancé début 2011. D'autres partenariats suivront dans les domaines de l'énergie, des villes « intelligentes », de la mobilité, de l'utilisation rationnelle de l'eau, des matières premières non énergétiques et de l'agriculture durable et productive ; - La Commission développera un nouvel indicateur sur la part des entreprises innovantes à croissance rapide dans l'économie et soutiendra la création d'un système de classement indépendant des universités ; - L'exécutif européen proposera des mesures visant à améliorer l'accès au financement. Elle proposera un régime de capital-risque transfrontalier et collaborera avec la Banque européenne d'investissement en vue de renforcer des systèmes européens tels que l'instrument de financement avec partage des risques ; - La Commission entend proposer des mesures pour parachever l'Espace européen de la recherche d'ici à 2014 en rendant les politiques de recherche européenne et nationales plus cohérentes, en réduisant les formalités administratives et en levant les obstacles à la mobilité des chercheurs tels que le manque de transférabilité des droits à la pension. Le 8e PC sera conçu de manière à soutenir EUROPE 2020. Le Conseil européen de la recherche et l'Institut européen d'innovation et de technologie seront renforcés ; - La Commission lancera en 2011 un comité directeur européen du design (European Design Leadership Board) et un label «design d'excellence européenne» (European Design Excellence Label) ; - Elle lancera en 2011 un grand programme de recherche sur le secteur public et l'innovation sociale et gérera un tableau de bord européen de l'innovation dans le secteur public. Elle lancera un projet pilote européen en matière d'innovation sociale pour les innovateurs sociaux ; - La Commission propose que les gouvernements réservent des budgets à la passation de marchés publics de produits et services innovants. Cette mesure devrait créer un marché d'au moins 10 milliards d'euros par an destiné aux innovations qui améliorent les services publics ; - Début 2011, la Commission fera une proposition législative visant à accélérer et moderniser l'élaboration de normes en vue de favoriser l'interopérabilité et l'innovation ; - Un accord sur le brevet de l'Union européenne permettrait aux entreprises d'économiser 250 millions d'euros par an. En 2011, la Commission fera des propositions en vue d'un marché européen des connaissances pour les brevets et les licences ; - Les régimes de financement structurel et d'aides d'État seront revus afin de donner un coup d'accélérateur à l'innovation. La Commission assistera les États membres en vue d'une meilleure utilisation des 86 milliards d'euros de fonds structurels programmés pour la recherche et l'innovation sur la période 2007-2013. L'Union de l'innovation sera débattue au Conseil «Compétitivité» du 12 octobre et au Conseil européen de décembre. Son état d'avancement sera suivi dans le cadre de la gestion de la stratégie EUROPE 2020 et une conférence annuelle sur l'innovation permettra de faire le point sur l'Union de l'innovation. (B.C.)