Bruxelles, 06/10/2010 (Agence Europe) - L'Union européenne et le Cameroun ont signé, mercredi 6 octobre à Bruxelles, un accord de partenariat volontaire (APV) pour garantir qu'à compter de juillet 2012, seul le bois camerounais légalement récolté et ses produits dérivés pourront être légalement exportés vers le marché européen. Cet accord volontaire baptisé FLEGT (sigle anglais pour Forest Law Enforcement, Governance and Trade - application de la législation forestière, gouvernance et commerce) est porteur de nouvelles avancées dans la lutte contre la déforestation. Les deux parties s'engagent conjointement à y contribuer, dans l'intérêt d'une exploitation durable de la ressource forestière au bénéfice des communautés locales qui en dépendent.
À compter de juillet 2012, toutes les cargaisons de bois du Cameroun expédiées vers l'UE devront être accompagnées d'un certificat attestant l'origine légale de leur contenu, en conformité avec la législation camerounaise.
La cérémonie de signature clôturant des négociations entamées en 2007 s'est déroulée dans les locaux du Conseil de l'UE. En apposant sa signature, Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement, s'est félicité de la portée de cet accord conclu avec « le plus gros exportateur de bois africain vers l'UE », le marché européen étant le débouché pour 80% de la production camerounaise. Cet accord « reflète l'ambitieux programme de réforme, de transparence et de responsabilité » dont s'est doté le Cameroun pour la gestion durable de ses forêts, a-t-il précisé. Pour Elvis Ngolle Ngolle, ministre camerounais de la Forêt et de la Faune, cet accord, « qui instaure un régime d'autorisation du bois qui régira les exportations camerounaises vers l'UE », permettra de mettre fin au commerce de « cette exploitation illicite au Cameroun qui se poursuit parce qu'elle trouve des partenaires commerciaux ». Plaidant pour la mise en œuvre rapide de l'accord « qui a bel et bien commencé au Cameroun avec la mise en place d'un nouveau programme de traçabilité en avril 2010 », il a assuré à l'UE « vous avez en face de vous un partenaire engagé et sûr ». Pour Sabine Laruelle, ministre belge des PME, des Indépendants, de l'Agriculture et de la Politique scientifique (présidence belge), cet accord est la preuve que « l'UE et le Cameroun travaillent main dans la main à construire un marché du bois conforme à la législation ». Il a valeur d'exemple en ce qu'il « adresse aux pays voisins » du Cameroun, « un signal en faveur d'un engagement pour la viabilité et la durabilité à long terme des forêts et de la biodiversité ».
Pour entrer en vigueur à la date convenue, l'accord doit encore être ratifié par les deux parties à la mi-2011. Le processus est en cours au Cameroun. Du côté européen, l'aval du Parlement doit pouvoir être obtenu dans les six mois, pronostique Andris Piebalgs qui espère voir la ratification bouclée dans les meilleurs délais. Des accords volontaires analogues ont déjà été conclus par l'UE avec la République du Congo et le Ghana. L'accord avec le Cameroun est donc le troisième du genre. Des négociations sont en cours avec le Libéria et viennent de débuter avec le Gabon. Hors Afrique, des négociations sont en cours avec l'Indonésie et la Malaysie. (A.N.)