Bruxelles, 28/09/2010 (Agence Europe) - L'Association européenne de l'Université (EUA) a publié, dans l'objectif du troisième sommet UE-Afrique qui doit se tenir les 29 et 30 novembre en Libye, un Livre blanc visant à renforcer la coopération entre les deux continents dans le domaine de l'enseignement supérieur. Intitulé « Coopération universitaire pour le développement entre l'Afrique et l'Europe: relever les défis régionaux et globaux », le rapport comprend une série de recommandations afin de relever les défis du partenariat entre l'Europe et l'Afrique. Il se base sur les résultats d'une étude bisannuelle (« Accès à la réussite - Pour renforcer la confiance et les échanges entre l'Europe et l'Afrique »), financée par le programme Erasmus Mundus et menée conjointement par l'EUA, l'Association des universités africaines (AAU), le Département de la coopération universitaire au développement de l'Association des universités flamandes (VLIR-UOS), l'Association norvégienne des institutions de l'enseignement supérieur (UHR), le European Access Network (EAN) et l'Union des étudiants européens (ESU). « Les partenariats entre les universités africaines et européennes existent depuis de nombreuses années, mais ce qui différencie ce projet, c'est son approche universitaire du développement au moment même où l'on demande aux universités de répondre aux nouveaux défis qui se présentent à elles », souligne la secrétaire générale de l'EUA, Lesley Wilson. « Le projet a révélé que les acteurs traditionnels du développement et les universités partagent des intérêts communs et qu'il existe là un potentiel extraordinaire pour renforcer le rôle et la visibilité des universités comme acteurs du développement », a-t-elle ajouté.
Le Livre blanc comprend six recommandations: 1) Un partenariat équitable. Soutenus par des structures efficaces, les partenariats entre les universités africaines et européennes peuvent créer de véritables capacités d'enseignement et de recherche, transformant les universités en réels moteurs de l'économie et du transfert des connaissances. Pour être efficaces, les programmes de partenariat devront être mis sur pied en étroite collaboration avec les parties concernées en Afrique et en Europe ; 2) Améliorer l'accès à l'enseignement supérieur et réduire le taux d'abandons à travers la coopération internationale. Ce sont surtout les femmes et les personnes défavorisées qui ont le plus de difficultés à accéder à l'enseignement supérieur en Afrique. Les universités africaines déplorent le manque d'implication des politiques gouvernementales ou institutionnelles, le manque de soutiens financiers et d'infrastructures efficaces ; 3) Renforcer la collaboration scientifique et le développement de l'enseignement doctoral. La collaboration scientifique entre l'Afrique et l'Europe contribue au développement socio-économique grâce aux activités innovantes et la coopération universitaire entre les deux continents doit donc se construire sur de telles pratiques ; 4) Mobilité universitaire. La mobilité des étudiants et du personnel européen vers l'Afrique apparaît comme une voie sous-exploitée, méritant une attention particulière dans la discussion au sujet de la mondialisation et la nécessité pour l'enseignement supérieur de faire face aux défis globaux ; 5) Développer les capacités nécessaires au changement. L'accroissement accéléré de l'enseignement supérieur de certains pays africains rend indispensable la mise en place de formations à la gouvernance, par des dirigeants d'universités expérimentés d'Afrique et d'Europe ; 6) Améliorer la communication et la coordination. Compte tenu de la diversité des acteurs qui participent au processus de coopération universitaire, il est souhaitable qu'une plate-forme de dialogue soit établie, permettant une communication facilitée, un partage de pratiques et l'identification de synergies. (I.L.)