Bruxelles, 28/09/2010 (Agence Europe) - Le 3ème sommet UE/Afrique du Sud s'est achevé, mardi 28 septembre, avec l'adoption d'une déclaration conjointe cosignée par les dirigeants européens, Herman Van Rompuy et José Manuel Barroso, et le Président sud-africain, Jacob Zuma, et dans laquelle les deux parties prennent ou confirment quelques engagements ambitieux, notamment dans le domaine du commerce, de la lutte contre le changement climatique et la gouvernance mondiale.
Accord de partenariat économique (APE). Les deux parties sont déterminées à conclure les négociations sur l'APE avec les pays de la SADC (South Africa Development Community) « d'ici la fin de l'année ». « L'objectif partagé est de conclure avant la fin de l'année un APE qui renforcera le commerce et les relations économiques entre l'UE et les pays APE de la SADC et soutiendra le développement durable et l'intégration régionale en Afrique du Sud », est-il stipulé dans la déclaration. L'objectif de conclure les pourparlers en 2010 est certes « très ambitieux », d'autant plus que plusieurs problèmes sont encore ouverts, mais c'est faisable, a dit M. Barroso à la presse. Cependant, si plus de temps est nécessaire pour trouver un accord, « alors il faudra continuer », a-t-il ajouté. M. Zuma veut aussi croire dans un accord d'ici la fin d'année, mais si ce n'était pas le cas, « ce ne serait pas la fin du monde » et les négociations devraient alors se poursuivre, a dit le Président sud-africain.
Changement climatique. Européens et Sud-africains s'engagent à « coopérer » pour préparer la prochaine conférence des parties (COP16) à Cancún. L'objectif partagé est de parvenir à un « accord global ambitieux et juridiquement contraignant » qui respecte le principe d'une « responsabilité commune mais différenciée » selon les capacités économiques et financières des différents pays. Les deux côtés ont aussi souligné l'importance d'avancer sur le financement précoce des mesures (« fast-start finance ») car il s'agit d'un « élément clé » d'un futur accord. Les dirigeants européens ont réitéré à M. Zuma que l'UE est prête à aider les pays en développement à se transformer en économies à faible teneur en carbone et à s'adapter au changement climatique.
Multilatéralisme, G20. Les deux partenaires ont convenu de joindre leurs efforts pour renforcer le système multilatéral « fondé sur des Nations Unies fortes ». Ils sont d'accord pour dire que la réforme des institutions de l'ONU doit être poursuivie afin qu'elles deviennent « plus efficaces et transparentes » et qu'elles tiennent davantage compte des changements intervenus dans la communauté internationale, comme l'émergence de nouvelles puissances. Européens et Sud-africains veulent aussi coopérer étroitement au G20 ; ils veulent insister ensemble sur l'aboutissement de la réforme du système de quota du FMI, lors du sommet du G20 à Séoul, ainsi que sur l'adoption d'un « agenda de développement » et de plans d'action pluriannuels pour promouvoir la croissance économique.
Soudan, Zimbabwe. À propos du Soudan, les deux parties insistent pour que le référendum de janvier 2011 sur l'indépendance du Sud-Soudan soit « transparent et crédible ». Les dirigeants européens et sud-africains ont appelé à une intensification du dialogue politique entre l'UE et le Zimbabwe. Des « développements positifs » ont été notés dans ce pays, mais d'autres efforts restent à faire. Les prochaines élections seront un important test, a souligné M. Van Rompuy devant la presse. Les sanctions prises par l'UE restent pour l'instant en place, mais en cas d'amélioration substantielle de la situation politique et démocratique au Zimbabwe, l'UE est prête à revoir les mesures, a dit M. Van Rompuy.
Partenariat stratégique. Les dirigeants ont salué « l'expansion » des relations bilatérales UE/Afrique du Sud et le renforcement du caractère « stratégique » des liens et coopérations dans un nombre croissant de secteurs. Ils se sont aussi félicités de la bonne mise en œuvre du Plan d'action conjoint. M. Zuma a salué le fait que grâce au Traité de Lisbonne, l'UE est désormais représentée au sommet par un président permanent du Conseil européen au lieu d'un représentant de la présidence tournante. Cela donnera davantage de « continuité et de consistance » à nos relations, a-t-il dit.
Liberté de la presse. M. Van Rompuy a admis devant la presse ne pas avoir abordé la question des projets de lois actuellement discutés en Afrique du Sud (création d'un tribunal des médias, réforme de la loi sur l'information) qui risquent de restreindre la liberté de la presse. À ce stade, je considère le débat sur ces projets de loi comme une « affaire interne » au pays, a déclaré le président permanent du Conseil européen. (H.B.)