Bruxelles, 28/09/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a présenté, mardi 28 septembre, le rapport financier sur le budget de l'UE en 2009, qui montre notamment que plus de 30 % du budget 2009 de l'UE a été consacré à la relance économique et à la croissance. « Chaque euro investi dans nos régions peut générer deux à trois fois plus grâce à 'l'effet de levier'». C'est à ce niveau que le budget de l'UE fait vraiment la différence sur le terrain », a commenté Janusz Lewandowski, le commissaire européen au Budget.
L'année 2009 a été marquée par des interventions exceptionnelles des finances publiques visant à contrôler l'impact de la crise financière et ses conséquences plus vastes sur l'économie. Sur le front budgétaire, la Commission européenne a mis en œuvre les premières phases du plan européen pour la relance économique, qui a permis l'allocation de 2 milliards d'euros à toute une série de projets énergétiques. Grâce au Fonds européen d'ajustement à la mondialisation, l'Union européenne a aussi contribué à réduire l'impact de fermetures ponctuelles d'usines dans huit pays, pour un montant total de 52 millions d'euros.
Il ressort du rapport financier 2009 que les crédits ont été dépensés à hauteur de 97 %, soit un niveau d'exécution semblable à celui enregistré en 2008 (98 %), ce qui montre que la qualité de la programmation s'est améliorée et que « l'on ne demande plus aux États membres des contributions excessives », a dit le commissaire.
Les dépenses totales du budget de l'UE en 2009 ont atteint 112,1 milliards d'euros. Sur ce total, 44 milliards ont été consacrés à la croissance et à l'emploi (recherche, réseaux transeuropéens et politique de cohésion), soit 39,25 % du budget total. Les dépenses consacrées à la préservation et la gestion des ressources naturelles (dépenses agricoles surtout, et environnement et pêche) ont représenté 50,8 milliards, soit 45,31 % du budget total exécuté.
Répartition par pays. En termes absolus, la France est restée le principal bénéficiaire des dépenses de l'UE en 2009 (comme en 2007 et 2008), avec près de 14 milliards d'euros. Elle se place devant l'Allemagne (qui était troisième en 2008) et l'Espagne (qui perd une place). L'Italie reste à la quatrième place, juste devant la Pologne, qui bénéficie à présent d'importantes dépenses de l'UE dans les domaines agricoles et de la cohésion. Le Royaume-Uni est à la 6ème place. En termes relatifs, c'est-à-dire en calculant le ratio entre les dépenses réparties de l'UE et le RNB (revenu national brut), la Lituanie arrive en tête des bénéficiaires (0,40%, dont 0,31% liés au déclassement de sa centrale nucléaire d'Ignalina), devant le Luxembourg, l'Estonie, la Hongrie, et la Lettonie.
Soldes budgétaires (différence entre ce qu'un pays reçoit et verse au budget). Les plus grands contributeurs nets au budget 2009 ont été le Danemark (solde de -0,42% du RNB), l'Italie (-0,34%), la Finlande (-0,32%), la France (- 0,30%) et l'Allemagne (-0,26%). Mais en montants bruts, l'Allemagne continue d'être le premier contributeur, avec plus de 20,5 milliards d'euros, devant la France (20 milliards) et l'Italie (15 milliards d'euros).
Principales réalisations en 2009. En 2009, l'Union européenne a dépensé 6,3 milliards d'euros au titre du septième programme-cadre pour la recherche et le développement technologique. Les crédits de l'UE ont permis de soutenir plus de 1 000 projets de coopération en matière de recherche, tels que le projet « Fuel-Path » sur la production efficace de biocarburants, qui vise à trouver les moyens d'optimiser la production de ces derniers afin que la part de la bioénergie atteigne au moins 14 % parmi l'ensemble des sources d'énergie utilisées dans l'UE d'ici à 2020. Plus de 34 000 petites et moyennes entreprises ont bénéficié de fonds européens dans le cadre du programme pour l'innovation et la compétitivité. Selon les estimations, les fonds octroyés par l'UE ont contribué à créer ou à sauvegarder plus de 200 000 emplois entre 2007 et 2008. Par ailleurs, le programme Erasmus a financé plus de 300 000 bourses de mobilité qui ont concerné 4 000 universités. La politique de cohésion a continué à occuper une place essentielle dans le budget. Les paiements au titre du cadre 2007-2013 ont atteint 25,5 milliards d'euros, soit un niveau plus de deux fois supérieur à celui de 2008 (11,5 milliards d'euros). Le budget de l'UE a octroyé aux agriculteurs de l'UE plus de 40 milliards d'euros sous la forme d'aides directes et d'interventions de marché, ce qui représente près de la moitié des revenus des agriculteurs.
Plus de 10 milliards d'euros pour les actions extérieures. En 2009, l'Union a été le deuxième donateur mondial pour l'aide au développement, avec des engagements d'un montant de 12 milliards d'euros en faveur de 140 pays en développement. L'UE a apporté une aide humanitaire et alimentaire à plus de 150 millions de personnes dans 70 pays en 2009. Dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune, elle a par ailleurs conduit dix missions (dont Kosovo, Caucase méridional, Afghanistan, Moyen-Orient et Afrique). L'un des principaux bénéficiaires de l'aide extérieure est le Soudan (115 millions d'euros). 3,6 millions de personnes ont reçu une aide alimentaire au Darfour et 436 000 au Sud du Soudan. Les dépenses administratives ont atteint 7,4 milliards d'euros. En 2009 comme en 2010, la Commission a respecté son engagement de ne pas demander de nouveaux postes pour les années à venir, sauf en cas d'adhésion de nouveaux États membres.
Près de 70 % du budget de l'UE est financé par les budgets des États membres, en fonction de leur revenu national brut (RNB) relatif. (L.C.)