Ostende, 28/09/2010 (Agence Europe) - Comme chaque année, la conférence sur la recherche sur la sécurité (SRC10) a permis de réunir des acteurs institutionnels européens et nationaux, des chercheurs et des représentants de l'industrie pour échanger sur les projets en cours de développement et l'avenir du programme thématique « recherche sur la sécurité » du 7ème PCRD.
Lors de cette conférence, qui se tenait les 22 et 23 septembre à Ostende, le vice-président de la Commission européenne chargé de l'industrie, Antonio Tajani, a rappelé que l'on se situe à mi-chemin du programme cadre de recherche et de développement (2007-2014). « À ce jour, la Commission finance plus de 130 projets de recherche en sécurité à hauteur de plus de 500 millions d'euros, un peu plus du tiers des 1,4 milliard d'euros attribués au thème 'sécurité' pour les sept années du programme », a-t-il dit. Ces projets couvrent la sécurité des transports publics, la détection des explosifs, la lutte contre les stupéfiants, les équipements de protection des secouristes, etc. Évoquant les fragilités des systèmes critiques de distribution, d'énergie, par exemple, interconnectés et fortement dépendant de systèmes informatisés qui sont « régulièrement la proie d'attaques cyberterroristes », Antonio Tajani a plaidé pour un renforcement de la protection de ces systèmes critiques. Constatant que « le marché intérieur de la sécurité est affaibli par la fragmentation en différents marchés nationaux », il a estimé « primordial de renforcer la compétitivité de l'industrie européenne de sécurité afin d'avoir un accès rapide et durable aux technologies les plus modernes ». Dans le cadre de la stratégie « EUROPE 2020 », il entend développer une « politique industrielle européenne pour le marché de la sécurité ». Une communication devrait être publiée avant la fin 2011. Elle devrait mettre l'accent sur l'innovation, la normalisation et la certification, les achats publics avant commercialisation et les synergies avec le monde de la défense.
La commissaire européenne chargée des Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a souligné l'important besoin de recherche existant dans les secteurs de la lutte contre les agents chimiques, bactériologiques, radiologiques et nucléaires (CBRN), la détection automatique aux frontières, la lutte contre les explosifs et la lutte contre le terrorisme. Ancienne chercheuse, elle a dit comprendre la charge administrative qui pèse sur les chercheurs et elle s'est engagée à soutenir une simplification des règles de participation au programme-cadre. Cecilia Malmström a aussi promis de se battre pour une augmentation des crédits de recherche en sécurité dans le prochain PCRD.
Le coordinateur antiterroriste de l'UE, Gilles de Kerchove, a longuement insisté sur le continuum entre la sécurité intérieure et la sécurité extérieure de l'Union. Parmi les marges d'amélioration, il a cité l'accès aux données de type PNR sur les personnes dans le cadre de la lutte contre le terrorisme et le crime, ou encore le développement de la résilience dans le cyberespace. Il a également estimé que les préoccupations concernant la protection de la vie privée doivent être prises en compte dès le lancement d'un nouveau projet et qu'il serait souhaitable de créer un label européen de sécurité qui garantisse le respect de la vie privée. (O.J.)