Bruxelles, 14/07/2010 (Agence Europe) - Les membres de l'Union européenne ont renouvelé leur soutien massif à ITER en adoptant, lundi 12 juillet, en urgence, le quasi-triplement de la contribution européenne au coût de la construction de ITER, le réacteur expérimental nucléaire basé à Cadarache, dans le sud de la France. L'Union européenne devait en effet trouver 1,4 milliard d'euros pour sa contribution au projet en 2012 et 2013. Les conclusions adoptées sans débat, le 12 juillet, par le Conseil Agriculture et Pêche, prévoient de redéployer des fonds du programme-cadre actuel (2007-2013) de l'UE pour la recherche et le développement. Afin de combler le trou en termes de financement, « la Commission présentera une proposition respectant le plafond global prévu par le cadre financier pluriannuel actuel et reposant avant tout sur un redéploiement à l'intérieur de la rubrique 1A (croissance et compétitivité) », indiquent les conclusions du Conseil. Ce redéploiement de fonds reposera tout d'abord sur les crédits non utilisés, puis en appliquant une base forfaitaire et en procédant aux ajustements appropriés. « La possibilité de réduire les coûts pour la période 2012-2013, tout en respectant pleinement la base de référence du projet, pourrait également être envisagée », est-il encore stipulé. Le Conseil a également a insisté sur la nécessaire politique de maîtrise et de limitation des coûts en vue de la poursuite du projet ITER. À cette fin, l'entreprise commune « Fusion For Energy » (F4E) va élaborer un plan pour la maîtrise des coûts, en tenant compte des inévitables aléas, et pour des économies accrues chaque fois que possible, soulignent les conclusions. Ce plan sera présenté dans les meilleurs délais au Conseil Compétitivité pour approbation, et au plus tard lors de sa session du 26 novembre 2010. La députée verte Michèle Rivasi (française) s'est montrée très critique face à cette décision. « Avec la crise financière, le projet ITER devient irréaliste: les États ne veulent pas payer pour financer ce projet mais, paradoxalement, ils restent accrochés à ce projet ». Pour elle, « la seule solution est donc de stopper ce projet, économiquement désastreux, qui peut être techniquement dangereux et qui ne correspond pas aux besoins énergétiques de l'UE ». Mi-juin, les sept partenaires du projet ITER [Communauté européenne de l'énergie atomique (Euratom), Russie, Japon, Chine, Inde, Corée du Sud et États-Unis] ont décidé, lors de la réunion du Conseil d'ITER à Suzhou, en Chine, de se retrouver pour une réunion extraordinaire les 27 et 28 juillet à Cadarache, n'étant pas parvenus à régler la question des financements européens. Lors de cette réunion, le périmètre du projet, son calendrier et les coûts révisés doivent être avalisés par les partenaires. (B.C.)