Bruxelles, 28/05/2010 (Agence Europe) - À quelques jours du sommet UE/Russie à Rostov (31 mai/1er juin) qui doit, en principe, approuver une déclaration commune sur les priorités du nouveau « Partenariat pour la modernisation » (PpM), Européens et Russes n'étaient toujours pas d'accord, vendredi après-midi, sur la liste des sujets qui devraient être traités dans le cadre de cette nouvelle initiative. Pour l'UE, le PpM doit donner une « impulsion politique » à l'agenda de réforme domestique du président russe Dmitri Medvedev, sans remettre en cause les autres chantiers bilatéraux en cours, à savoir la mise en place des quatre « espaces communs » et la négociation d'un nouvel accord de partenariat plus ambitieux. L'objectif du PpM, a expliqué vendredi un haut diplomate européen, est de contribuer à la modernisation non seulement des économies des deux blocs mais aussi de la société et de l'État de droit en Russie. « Pour nous, il est clair que ce Partenariat pour la modernisation doit être basé sur la démocratie et l'État de droit », souligne notre source. L'UE souhaite lancer, autre autres, des projets visant à réformer la justice russe et accroître la lutte contre la criminalité et la corruption.
Moscou ne l'entend pas de cette oreille. Le PpM doit se focaliser sur des projets communs qui rendent les économies russe et européenne plus compétitives, stimulent les investissements, les échanges commerciaux et technologiques et aident à l'alignement des normes et standards industriels, lit-on dans un document russe transmis à l'UE en février. Pas un mot, en revanche, de réformes démocratiques ou d'État de droit. Du côté européen, on reste malgré tout optimiste sur le fait que la liste des priorités à approuver au sommet de Rostov fera au moins référence à l'État de droit. C'est le président Medvedev lui-même, dans ses récents discours, qui a souligné la nécessité de faire des réformes démocratiques, rappelle un diplomate européen.
Les autres priorités (économiques) du Partenariat pour la modernisation sont quasiment arrêtées. Il s'agit essentiellement de: - renforcer les relations commerciales ; - promouvoir le développement des petites et moyennes entreprises ; - promouvoir l'alignement des normes et standards techniques dans le domaine industriel et agricole ; - renforcer la coopération spatiale (un accord entre Glonass et Galileo sur la navigation par satellite pourrait être conclu d'ici la fin de l'année) ; - lancer des projets visant à développer l'économie durable (« green economy ») ; - créer de nouvelles interconnexions de transport ; - améliorer le dialogue avec la société civile, etc.. Une fois les priorités approuvées (en principe au sommet de Rostov), les coordinateurs des deux côtés rédigeront un plan de travail pour leur mise en œuvre.
Visas. Le sommet de Rostov décidera aussi de passer d'une « phase exploratoire » du dialogue UE/Russie sur les visas à une « phase opérationnelle et pratique », indiquent des sources européennes. Concrètement, des hauts fonctionnaires des deux côtés seront chargés d'identifier les mesures techniques (« common steps ») que les deux parties devront prendre en vue de permettre, un jour, la suppression mutuelle des visas. L'objectif à long terme de l'UE reste l'abolition des visas « mais d'ici là il y a beaucoup de mesures spécifiques à prendre par la Russie ». « Une fois que toutes ces mesures pratiques et vérifiables auront été prises, les États membres examineront les résultats de cette phase pratique et décideront s'ils veulent aller vers la suppression des visas (…) mais ce n'est pas pour demain », explique notre source européenne.
L'agenda du sommet, où l'UE sera représentée par Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso, Catherine Ashton et Karel de Gucht, comprend par ailleurs les sujets suivants: - crise économique et financière mondiale ; - changement climatique ; - sécurité énergétique ; - sécurité euro-atlantique ; - questions internationales (Iran, Proche-Orient, Géorgie, Moldavie/Transnistrie, Afghanistan/Pakistan). (H.B.)