Bruxelles, 30/03/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne va présenter ce mercredi 31 mars deux communications, l'une sur la sécurité alimentaire dans les pays en développement, l'autre sur l'aide alimentaire à des fins humanitaires. Ces textes, préparés par les services du commissaire européen au Développement, Andris Piebalgs, ont vocation à inviter l'UE à se doter d'une approche plus coordonnée de ces politiques complémentaires et à préparer une position commune de l'UE pour la conférence de l'ONU sur la révision des objectifs du millénaire pour le développement (OMD) qui aura lieu à New York en septembre 2010, cinq ans avant la date à laquelle ces objectifs sont censés être atteints.
Or, en dépit des efforts déployés pour réduire l'extrême pauvreté et la faim dans le monde (OMD n°1), on est loin du compte. Au lieu de reculer, la faim s'est aggravée ces dernières années puisque le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde dépasse désormais le milliard. À tendance inchangée, l'objectif de réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde à l'horizon 2015, ne sera donc pas atteint. La Commission considère qu'en sa qualité de premier donateur au monde, l'UE doit être prête à réagir pour inverser cette tendance inacceptable. « Les débats en cours sur le changement climatique et le droit à l'alimentation plaident de surcroît pour une approche européenne », souligne une source proche de la Commission. En outre, le Traité de Lisbonne donne mandat à la Commission européenne de prendre des initiatives pour mieux coordonner les positions des États membres dans le domaine du développement. Les deux communications répondent aussi à cette exigence.
La communication sur la sécurité alimentaire proposera aux États membres quatre concepts clés constitutifs d'une approche coordonnée, à savoir: - accroître la disponibilité des denrées alimentaires ; - améliorer l'accès à l'alimentation mais aussi tenir compte des politique agricoles dans les politiques de développement ; - prendre davantage en considération la qualité nutritionnelle de l'alimentation; - améliorer la prévention et la gestion des crises alimentaires. La Commission reconnaît toutefois qu'il convient de prendre en compte les conditions particulières de chaque pays souffrant d'insécurité alimentaire.
L'objectif visé par la Commission est triple: soutenir le développement durable, soutenir les exploitations agricoles de petite taille afin d'en favoriser la multiplication, favoriser la recherche dans l'agriculture afin de satisfaire les besoins alimentaires dans les années à venir. Cette stratégie doit viser l'amélioration de la coordination mondiale, sous l'égide du PAM et de la FAO.
S'agissant de l'Afrique où les crises alimentaires sont légion, la communication proposera en outre aux 27 de renforcer les orientations politiques définies par l'Union africaine pour la politique d'utilisation des sols. La Commission considère en effet que le moment est venu de mettre sur la table le problème de l'accaparement des terres par des multinationales, voire par des petits propriétaires. « Le sujet est très politique, mais il faut être courageux et inscrire la politique foncière dans la discussion », commente la même source.
La communication sur l'aide alimentaire à des fins humanitaires proposera un cadre pour des réponses générales à des crises alimentaires (systèmes d'alerte précoce, capacités transitoires pour ne pas être pris de court) et une gamme de réponses en fonction du type de crise. Le texte mettra l'accent sur l'accès à l'alimentation et la disponibilité des denrées alimentaires. Il soulignera l'importance de la nutrition, et les effets délétères de la malnutrition sur la mortalité infantile. On y trouvera des critères tant pour l'engagement de l'UE (par exemple, le taux de malnutrition, le taux de mortalité, le risque humanitaire), que pour son désengagement au profit d'autres acteurs (inversement des indicateurs laissant entrevoir une possibilité de retrait, utilité moindre d'une intervention humanitaire de l'UE comparée à celle d'acteurs du développement à plus long terme). (A.N.)