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Bulletin Quotidien Europe N° 10093
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/maroc

« bilan positif » du premier « Sommet » - L'UE souhaite le maintien du rythme dans la mise en place du « statut avancé »

Bruxelles, 08/03/2010 (Agence Europe) - Le premier Sommet UE-Maroc a eu lieu à Grenade le 7 mars et s'est conclu, selon la déclaration finale, par un « bilan positif » de l'évolution des relations des deux parties et par l'engagement de les approfondir en entamant une réflexion sur la nature « contractuelle » à l'avenir.

L'UE était représentée par le président permanent du Conseil européen, Herman Van Rompuy, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso aux côtés du président du gouvernement espagnol, José Luís Zapatero. C'est le Premier ministre marocain Abbas El Fassi, qui a présidé la délégation de son pays en l'absence du roi. Lors de la conférence de presse finale, ils ont tous insisté sur « l'importance fondamentale » que revêt ce premier sommet et en ont souligné « la valeur d'exemple » pour la région. La déclaration finale satisfait pleinement l'attente du Maroc, soucieux d'apparaître comme un précurseur dans le développement du partenariat euroméditerranéen: l'« événement sans précédent » que constitue ce « premier Sommet de l'UE avec un pays partenaire méditerranéen depuis l'entrée en vigueur du Traité de Lisbonne (…) témoigne du caractère pionnier » de ces relations et de leur « spécificité » qui « illustre le degré de maturité et de confiance atteint par leur dialogue politique » et qui en acquiert une « importance stratégique ». La déclaration évoque la perspective d'un nouveau « lien contractuel qui remplacerait l'Accord d'association ». Le nouveau cadre scellera le « choix politique fondamental » fait par le Maroc en s'arrimant à l'UE. Une première esquisse projette une « intégration poussée de l'économie marocaine s'inspirant des normes qui régissent l'Espace économique européen ». Les deux parties déclarent qu'elles « poursuivront la réflexion concernant la nature et la forme » de ce lien contractuel promis à une échéance qui dépendra sans doute du franchissement des étapes vers la mise en place du « statut avancé » et Rabat est priée par Bruxelles de maintenir le rythme d'avancement. En retour, le Maroc attend de l'UE un appui financier à la hauteur des ambitions si solennellement affirmées.

Les deux parties ont relevé, positivement, les « progrès importants » réalisés, dont « la conclusion des négociations sur le commerce des produits agricoles, agricoles transformés et de la pêche ainsi que de celles de l'accord sur le règlement des différends commerciaux ». Mais elles « soulignent que des avancées substantielles doivent être enregistrées dans les négociations sur le commerce des services et du droit d'établissement ». Par ailleurs, l'UE note que « le processus de convergence réglementaire constitue l'une des composantes essentielles de la mise en œuvre du document conjoint sur le Statut avancé » et, dans ce cadre, les deux parties « conviennent qu'il est important d'intensifier leurs travaux afin d'atteindre cet objectif ».

L'UE et le Maroc sont engagés fin 2008 dans ce processus vers l'instauration d'un « statut avancé » souvent décrit comme un stade supérieur à l'association mais sans viser à l'adhésion à l'UE. Au plan politique, le Maroc s'engage à atteindre les standards admis en Europe. L'UE salue dans le texte conjoint « les réformes lancées par le Maroc ces dernières années », tout en soulignant « l'importance de poursuivre ce processus de réformes législatives, politiques et institutionnelles notamment en matière de justice et de liberté d'expression, de presse et d'association ». Outre cette question, d'autres thèmes font partie de ce dialogue politique régulier: le Sahara, le Moyen-Orient, l'Union pour la Méditerranée, la situation au Sahel et l'immigration. Une commission parlementaire mixte UE-Maroc sera créée dans le courant de cette année. « Nous avons parlé de presque tout », a précisé le premier ministre du Maroc et la déclaration finale détaille les points de vue communs dégagés en cette circonstance et qui confortent son pays dans ses choix. Sur le plan économique, les parties s'engagent à intensifier les négociations sur les services et le droit d'établissement, à développer les réseaux de transport et à coopérer au développement d'énergies renouvelables. Le Maroc et l'UE « conviennent de renforcer les mécanismes de coopération » sur l'immigration et de renforcer les « capacités des parties concernées en matière de lutte contre l'immigration illégale ». La conclusion, « dès que possible », d'un accord en ce sens est annoncée.

En conclusion du « Sommet », le Maroc et l'UE fixent dans leur déclaration conjointe les éléments d'un « agenda opérationnel » prévoyant la création de la commission parlementaire mixte, l'intensification des négociations sur les sujets en suspens (services, droit d'établissement, le parachèvement des régimes d'accès des produits agricoles transformés et de la pêche) et, plus largement, la phase préparatoire à l'ouverture de « discussions exploratoires » pour un « accord de libre-échange approfondi » (ALEA). (F.B.)

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