Bruxelles, 16/02/2010 (Agence Europe) - S'exprimant devant la presse, mardi 16 février, Helen Kearns, la porte-parole du commissaire européen aux Transports Siim Kallas, a réfuté toute responsabilité de l'UE dans la catastrophe ferroviaire survenue lundi matin à Halle, en Belgique. Relayant des propos tenus la veille par le président de la SNCB (Société nationale des chemins de fer belges), Marc Descheemaecker, la presse belge indiquait en substance mardi matin que l'UE avait retardé la mise en place de systèmes d'arrêt d'urgence dans le pays.
« Les accusations qu'on a lues ce matin » dans la presse belge « ne sont pas du tout fondées », a lancé Mme Kearns. Lundi soir, le président de la SNCB a mis en cause le processus d'harmonisation des règles européennes sur les systèmes de freinage automatique des convois pour expliquer des retards dans la mise en œuvre de ces dispositifs sur le réseau ferroviaire belge. Confrontés à des difficultés pour mettre en œuvre les normes communautaires en la matière, « nous avons opté en 2005 pour notre propre système et décidé d'en équiper tous les trains, mais cela ne peut se faire en une fois », a-t-il indiqué. Citée par l'AFP, Anne Woygnet, une porte-parole de la SNCB, a précisé: « L'UE a décidé d'une norme puis en a changé pour une autre. De ce fait, la SNCB et Infrabel (le gestionnaire du réseau - Ndlr) ont décidé d'adopter la norme la plus performante, qui permet aux trains belges de rouler dans les autres pays en reconnaissant les systèmes d'arrêt en vigueur chez eux », mais « cela a contribué au retard dans l'installation de ces systèmes », a-t-elle ajouté. La SNCB a prévu d'installer progressivement ces systèmes de freinage automatique performants dans tous ses trains entre 2006 et 2013, mais un tiers d'entre eux seulement en sont équipés actuellement.
Un expert des questions de transport à la Commission a dit: « Nous n'avons absolument pas empêché l'État belge ou la SNCB de s'équiper d'un système national de sécurité ». Et de poursuivre: « Le raisonnement (de la SNCB) ne tient pas la route, car le réseau ferroviaire belge est équipé d'un système qui s'appelle TBL1 Plus qui utilise une eurobalise installée sur la voie, développée dans les années 1990 ». « On ne peut pas dire qu'il y a un quelconque retard de développement dans l'eurobalise » et « la ligne concernée par l'accident en est équipée », a-t-il précisé, faisant par ailleurs valoir que « la Commission n'est absolument pas impliquée dans les décisions sur le matériel embarqué à bord des trains qui sont du ressort national ». Les services du Commissaire Kallas et l'Agence ferroviaire européenne collaborent étroitement à l'enquête avec les autorités belges. (O.L.)