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Bulletin Quotidien Europe N° 10034
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Leïla Chahid ne s'attend pas à un changement notable des positions européennes

Bruxelles, 04/12/2009 (Agence Europe) - Leïla Chahid, déléguée générale de la Palestine à Bruxelles, ne s'attend pas à de nouvelles positions européennes sur Jérusalem qui trancheraient avec ce qui a été exprimé jusqu'ici, en dépit des révélations publiées par le quotidien israélien Haaretz selon lesquelles la Présidence suédoise de l'UE s'apprêterait à soumettre lundi aux ministres européens des Affaires étrangères un document dans lequel elle se prononce en faveur « d'un État palestinien viable, comprenant la Cisjordanie et Gaza, avec Jérusalem-Est comme capitale ». Ce document de 20 pages, illustré de plusieurs cartes, aurait été élaboré à l'initiative du consul général du Royaume-Uni à Jérusalem. Il est le fruit des contributions des consuls généraux des pays de l'UE en poste à Jérusalem et des chefs de leurs bureaux à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne. L'an dernier déjà, un rapport similaire avait été confectionné mais non rendu public. EUROPE l'avait évoqué.

Depuis l'annexion de la ville, pratiquement, de facto, après la guerre de 1967 et formellement par une loi israélienne en 1980, Jérusalem a été au centre du débat politique entre Israël et tous ses interlocuteurs, Palestiniens, Arabes, Européens et même Américains. Aucun de ces États n'a reconnu la pleine souveraineté israélienne sur la ville, dont la partie orientale demeurait palestinienne, aux yeux de la communauté internationale, et - à deux ou trois exceptions près, comme le Costa Rica -, nul n'a accepté d'y établir son ambassade. Les 27 ont cependant admis le devoir d'y implanter des consulats dont le statut diplomatique est moins significatif en termes de reconnaissance de la souveraineté israélienne sur les lieux et qui ont joué un grand rôle lors des élections palestiniennes successives pour lesquelles Israël ne concédait que des libertés de mouvement très encadrées. Et on se souvient de l'irritation que provoquait en Israël tout passage d'un visiteur européen à « la Maison d'Orient », bâtiment qu'occupait le leader palestinien, Fayçal Husseini, aujourd'hui décédé, et qui était considéré comme le chef de file symbolique de la permanence de la présence palestinienne dans la « ville sainte ».

La Présidence suédoise aurait eu à coeur, depuis le début de son mandat semestriel, de clarifier cette position mais elle a été vite « calée », sinon découragée, par des accusations israéliennes après la publication dans un hebdomadaire d'un reportage sur des prélèvements d'organes sur des cadavres palestiniens, jugé offensant pour l'armée de l'État hébreu et, de fait, les rapports entre Stockholm et Tel Aviv n'ont pas « baigné » durant ce semestre dans un climat de sérénité. La Suède aurait voulu, alors qu'elle approche de la fin de son mandat, et alors que la situation sur le terrain est visiblement bloquée en raison de velléités israéliennes d'accélérer la politique de colonisation pour isoler Jérusalem de la Cisjordanie, faire rappeler par les 27 la position européenne sur Jérusalem. Elle voudrait, dans le contexte actuel, aller un peu plus loin, en faisant passer le point de vue européen de l'implicite à l'explicite, en clair de dire que Jérusalem-Est peut être considérée comme la capitale du futur - et hypothétique - État palestinien (dont l'instauration est préparée grâce à une aide européenne conséquente mais qui n'implique aucunement l'engagement de lui octroyer la reconnaissance internationale, s'il était proclamé unilatéralement par les Palestiniens). Ce « pas en avant » ne mérite pas, de l'avis de Leïla Chahid, la mobilisation des médias israéliens et alliés contre ce qui est présenté comme une avancée majeure contre Israël et pour la Palestine. Elle décèle même dans cette mobilisation une manipulation pour dissuader par avance les États membres qui hésiteraient encore à s'engager davantage dans le dossier proche-oriental.

La confirmation ne viendra finalement que des délibérations du Conseil lundi, et probablement, des dernières consultations (COREPER) entre les États membres qui se poursuivaient encore vendredi.

Dans l'attente, la « nouvelle position » européenne fait la « Une » des médias israéliens comme de toutes les chaînes satellitaires arabes. « Jérusalem ne doit pas être divisée, cela ne ferait qu'aggraver le conflit au lieu de le résoudre », a déclaré le président de la Knesset, Reouven Rivlin. « Partager la capitale entraînerait une éruption volcanique difficile à stopper. Une scission créerait le chaos », a-t-il ajouté. Ohanan Plesner, député Kadima à la tête de la ligue pour l'amitié israélo-suédoise, incrimine Netanyahou: « Cela prouve bien que l'image d'Israël a été compromise de manière inquiétante », souligne-t-il. « Et c'est à cause des décisions du gouvernement. Au lieu de prendre en main le processus de paix comme l'a déjà fait Israël par le passé, le gouvernement n'a aucune solution à proposer. Jérusalem paye le prix fort à cause de ses lacunes diplomatiques », s'insurge-t-il. (F.B.)

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