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Bulletin Quotidien Europe N° 10034
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

Plusieurs pays critiquent les propositions en matière d'asile

Bruxelles, 04/12/2009 (Agence Europe) - L'Autriche, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la France ont vivement critiqué les récentes propositions de la Commission européenne destinées à harmoniser les procédures d'asile dans l'Union. La Commission a présenté à la mi-octobre deux propositions de modification relatives aux directives « procédure » et « qualification » (EUROPE n° 10002). « Ces deux textes sont disproportionnés (…) Ils vont accroître les lourdeurs administratives, allonger les procédures, augmenter les coûts et ouvrir largement la porte et les fenêtres aux abus », a déploré, lundi 30 novembre, Maria Fekter, la ministre autrichienne de l'Intérieur, lors de la réunion du Conseil Justice et Affaires intérieures. Elle considère notamment que l'amélioration des infrastructures aux frontières pour les demandeurs d'asile constitue « une invitation » à se rendre en Europe pour demander l'asile. De son côté, le secrétaire d'État britannique aux Affaires intérieures, Alan Johnson, a expliqué que l'allongement des procédures allait coûter à son pays 3,5 millions d'euros par an en plus et allait attirer des demandes d'asile qui, selon lui, « n'ont pas lieu d'être ». Son collègue allemand, Thomas de Maizière, a regretté quant à lui que les intérêts des demandeurs d'asile passent avant ceux des États membres, ce qui laisse présager des débats difficiles sur ces propositions. La France a quant à elle exprimé des doutes face à ce qu'elle décrit comme des « contraintes qui risqueraient d'être contre-productives ». Les Pays du Benelux, emmenés par la secrétaire d'État à la Justice, Nebahat Albayrak, ont tenu à se démarquer de la vision pessimiste imposée notamment par les Britanniques et les Autrichiens. Selon elle, leurs vues sur les textes proposés ne correspondent pas du tout à la réalité. « Notre objectif est la construction d'un véritable régime commun d'asile en 2012. S'il s'agit d'adhérer à un scénario catastrophe, nous n'avons qu'à rentrer chez nous », a-t-elle dit. Même son de cloche pour le commissaire européen chargé de l'Immigration, Jacques Barrot, qui refuse « toute caricature ». Selon lui, ces propositions n'engendreront ni appels d'air à destination des immigrants clandestins, ni coûts excessifs, et encore moins la fin des procédures accélérées au Royaume-Uni. Et M. Barrot de conclure, notamment à l'intention de Mme Fekter: « N'oublions pas que le Parlement sera co-législateur et que celui-ci n'acceptera pas certaines critiques excessives ». (B.C.)

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