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Bulletin Quotidien Europe N° 10011
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

L'Europe retrouve progressivement le chemin de la croissance

Bruxelles, 03/11/2009 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, mardi 3 novembre, ses prévisions économiques d'automne, confirmant le retour progressif de la croissance en Europe. Les chiffres ne sont pas très différents de ceux présentés dans les prévisions intermédiaires à ses exercices saisonniers (EUROPE n° 9976), mais ils concernent désormais tous les États membres pour 2010 et même 2011. La sortie de la récession se confirme pour le second semestre 2009, même si le PIB devrait reculer de 4% dans la zone euro et de 4,1% dans l'UE pour l'ensemble de l'année en cours. La reprise graduelle devrait permettre d'atteindre une croissance positive de 0,7% dans les deux zones l'année prochaine, et de respectivement 1,5% et 1,6% l'année suivante. « L'économie de l'UE sort de la récession », a souligné lors d'une conférence de presse le commissaire aux Affaires économiques et monétaires, Joaquín Almunia. Des défis majeurs doivent être relevés, a-t-il ajouté, soulignant la nécessité d'assainir le secteur bancaire et de « déterminer de quelle manière nous pouvons le mieux corriger les effets néfastes de la crise sur les marchés de l'emploi, les finances publiques et la croissance potentielle ».

« La situation se stabilise et s'améliore même », s'est félicité le commissaire Almunia, en rappelant que la relance était due à l'amélioration de la conjoncture internationale (en particulier en Asie), aux mesures étatiques de soutien budgétaire et aux conditions de la politique monétaire. Confirmée par le redressement des indicateurs de confiance, la reprise des activités économiques reste toutefois largement fondée sur des facteurs temporaires. Le profil de la reprise devrait ainsi être différent des précédents cycles, l'économie cherchant sa voie vers un nouvel équilibre, note la Commission, qui anticipe des contraintes tant pour la demande intérieure que pour les exportations de l'UE. L'investissement ne devrait notamment pas redémarrer avant 2011 et la consommation privée devrait pâtir des sombres perspectives en matière d'emploi. Il est donc probable qu'après une phase de rebond, la croissance du PIB de l'UE devrait fléchir avant de regagner en intensité au second semestre 2010 et ensuite, analyse la Commission. « La reprise sera soutenue en 2011, mais devra encore s'accélérer en 2010 », souligne ainsi le commissaire Almunia.

Par État membre, la contraction du PIB oscille notamment entre 2,2% en France et 4,5% ou 5% en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. Les trois pays baltes sont de loin les plus touchés, avec un recul du PIB de 13,7% en Estonie, 18% en Lettonie et 18,1% en Lituanie. Notons que la Pologne devrait conserver une croissance positive cette année (1,2%). Ces différences de performances économiques s'expliquent par une exposition variable aux difficultés du secteur financier, des degrés différents d'ouverture au commerce et l'existence ou non d'une bulle immobilière ou non avant la crise, a expliqué le commissaire, qui confirme que la situation restera partout difficile sur le marché de l'emploi.

Si l'impact de la récession s'avère moins marqué que prévu sur le chômage pour l'instant, une aggravation est attendue au cours des prochains trimestres. De 9,5% dans la zone euro et 9,1% dans l'UE cette année, le taux de chômage devrait atteindre respectivement 10,7% et 10,3% en 2010 et 10,9% et 10,2% en 2011. Une dizaine d'États membres devraient enregistrer un taux de chômage à deux chiffres en 2010, l'Espagne atteignant même 20% de la population active et l'Irlande 14%. Ces niveaux élevés du chômage contribueront à limiter les pressions salariales et inflationnistes, même si le niveau des prix à la consommation devrait rebondir.

Le taux d'inflation devrait revenir progressivement vers un niveau plus conforme à l'objectif de stabilité des prix de la Banque centrale européenne (BCE). De 0,3% dans la zone euro et 1% dans l'UE en 2009, le taux d'inflation devrait augmenter respectivement à 1,1% et 1,3% en 2010 et à 1,5% et 1,6% en 2011. Selon la Commission, les différences entre États membres devraient être moins prononcées qu'avant la crise et les attentes en matière d'inflation semblent bien ancrées, de sorte qu'aucun risque significatif de déflation n'est envisagé.

Les finances publiques des États membres continueront de subir les effets de la crise, les déficits se creusant à -6,4% du PIB dans la zone euro et -6,9% dans l'UE en 2009 (contre encore -2% et -2,3% en 2008). Le ratio devrait ensuite être de respectivement -6,9% et -7,5% en 2010, avant de régresser à -6,5% et -6,9% en 2011. Ce tableau sans surprise s'explique par le jeu des stabilisateurs automatiques, des mesures discrétionnaires de relance et du déclin des recettes budgétaires. La dette publique suivra une trajectoire similaire, augmentant de 78,2% du PIB dans la zone euro et 73% dans l'UE cette année à respectivement 84% et 79,3% l'année prochaine. Mais alors que le niveau des déficits devrait commencer à baisser en 2011, le ratio de dette continuera à augmenter, atteignant 88,2% et 83,7%.

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Des situations budgétaires sous étroite surveillance

Dans la zone euro, seule la Finlande, avec -2,8%, restera sous le seuil des 3% du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) cette année. La Bulgarie (-0,8%), le Danemark (-2%), l'Estonie (-3%) et la Suède (-2,1%) s'y conformeront aussi en 2009, mais l'année prochaine la Bulgarie (avec -1,2%) sera bien l'unique État membre à présenter un ratio de déficit public inférieur à la valeur de référence. Une situation normale étant donné les mesures prises pour lutter contre la crise, mais qui devrait ouvrir la voie à de nouvelles procédures pour déficit excessif à l'avenir.

Dans l'immédiat, la Commission se prononcera d'abord sur la façon dont certains pays qui sont déjà concernés par une telle procédure ont mis en œuvre les recommandations qui leur ont été faites par le Conseil il y a près de six mois. Le 11 novembre prochain, elle examinera si l'Espagne, la France, la Grèce, l'Irlande et le Royaume-Uni ont pris des mesures suivies d'effet conformes aux exigences du PSC (sur base de l'article 104§8 du traité), avant d'aborder en janvier les cas de six autres pays aussi sous le coup de telles procédures (Hongrie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne et Roumanie).

Pour la Grèce, M. Almunia a confirmé mardi que la Commission franchira une nouvelle étape de la procédure en constatant que le pays n'a pas pris les mesures effectives souhaitées (EUROPE n° 10002). Après la réévaluation des statistiques budgétaires grecques, l'objectif d'un retour sous les 3% en 2010, qui lui avait été assigné par le Conseil, n'est quoi qu'il en soit plus tenable. Les délais octroyés pour corriger les déficits en France (2012), en Espagne (2012), en Irlande (2013) et au Royaume-Uni (2013-2014) s'annoncent aussi difficiles à respecter. Bien qu'en baisse, les ratios de déficit par rapport au PIB devraient encore être de -7,7% à Paris, -9,3% à Madrid, -14,7% à Dublin et -11,1% à Londres en 2011.

Cette date devrait en tout cas être celle du retour à une consolidation budgétaire soutenue partout en Europe. Les prévisions de la Commission anticipant un retour à une croissance soutenue en 2011, la mise en œuvre de la stratégie de sortie des déficits budgétaires devra bel et bien commencer à ce moment au plus tard, a insisté le commissaire, qui espère un engagement en ce sens des ministres des Finances. L'ajustement annuel requis sera d'au moins 0,5% du PIB par an, mais pourra, en fonction de la position budgétaire de départ, de la viabilité à long terme des finances publiques, des autres déséquilibres macro-économiques propres à chaque pays, justifier une correction de1 % ou plus selon le cas. (A.B.)

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