Bruxelles, 26/10/2009 (Agence Europe) - Le Canada a appelé, vendredi 23 octobre, l'UE à poursuivre le dialogue plutôt que de brandir la menace à son égard dans l'affaire des visas qui oppose la République tchèque à Ottawa. « Je regrette que le commissaire (Jacques) Barrot ait choisi de parler de menace alors que la solution à ce problème est un dialogue constructif », a déclaré le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, selon l'AFP. Ottawa a décidé le 14 juillet de rétablir les visas d'entrée pour les ressortissants tchèques afin d'enrayer la forte hausse des demandes d'asile faites par des membres de la minorité rom de République tchèque affirmant être victimes de persécutions. M. Cannon a rappelé, dans un communiqué, avoir reçu le 1er octobre à Ottawa son homologue suédois Carl Bildt, président en exercice du Conseil de l'UE. En présence du ministre canadien de l'Immigration, Jason Kenney, la question des visas « a été explorée de façon positive », a-t-il souligné, et « le travail diplomatique se poursuit ». Le chef de la diplomatie canadienne réagissait aux déclarations faites le même jour par le commissaire européen Jacques Barrot à l'issue d'une réunion ministérielle à Luxembourg (EUROPE n° 10005). « Cette situation de discrimination (vis-à-vis des citoyens tchèques) est inacceptable et si aucun progrès n'est réalisé pour la fin de l'année, la Commission pourrait recommander d'imposer l'obligation de visa pour les Canadiens titulaires de passeports diplomatiques et de service», a déclaré le commissaire. « Pour l'instant, nous sommes au stade de la menace », a-t-il insisté, expliquant que nombre de ministres européens avaient exprimé leur mécontentement face à l'attitude du Canada. « Nous espérons que le Canada évoluera. Nous voulons la suppression des visas, mais un signe pourrait être l'ouverture d'un consulat (du Canada) à Prague », a suggéré M. Barrot. « Si nous devons recommander d'imposer des visas, cela devra concerner tous les États de l'UE. Il devra y avoir une vraie solidarité des États autour de la République tchèque », a-t-il dit. « Les consultations avec les autorités canadiennes se poursuivent et nous tentons de faire de notre mieux pour éviter une guerre des visas », a pour sa part expliqué le ministre suédois de l'Immigration, Tobias Billström, dont le pays préside l'UE. (B.C.)