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Bulletin Quotidien Europe N° 10005
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/israËl

L'UE invitée à avancer dans le renforcement des relations avec Israël

Bruxelles, 23/10/2009 (Agence Europe) - L'UE et Israël ont bouclé leurs négociations sur l'agriculture en vue d'un accord libéralisant leurs échanges avec quelques restrictions. Les détails ne sont pas donnés à ce stade mais, de source communautaire, on précise que l'accord des 27 États membres a été acquis mardi 20 octobre et devrait être signé sous peu. Un autre accord est annoncé et devrait être finalisé à bref délai pour créer le cadre pour la certification des produits pharmaceutiques. On observe ainsi à Bruxelles que les relations avec Israël ont tendance à s'intensifier, en dépit d'une apparente prise de distance politique, et même si le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, a fait savoir fin septembre qu'il était « dépité » face à la lenteur du développement des relations bilatérales. Pour le ministre, l'UE ne répond pas tout à fait à l'agenda convenu et ne devrait plus imposer de conditionnalité.

La décision des États membres, il y a plus d'un an, d'intensifier (upgrading) les relations UE-Israël demeure la règle, a rappelé le vice-président de la Commission, Günter Verheugen, en visite jeudi 15 octobre à Jérusalem où il a prononcé un discours devant un parterre d'hommes d'affaires et de représentants du monde politique et des médias israéliens lors d'une conférence sur le thème « Israël et l'élargissement de l'UE » organisée par la délégation de la Commission dans ce pays.

« L'UE accorde une priorité élevée à ses relations avec Israël, un ' partenaire naturel' ». Même placé dans le « cercle d'amis » (ceux englobés par la politique de voisinage, NdlR), il est un pays « atypique » qui lui vaut un statut particulier car proche de l'UE « en termes de développement économique et par la stabilité de sa démocratie et de ses institutions ». Les relations à développer seront du « sur-mesure » pour qu'elles soient « les plus étroites possible », similaires à celles avec la Norvège ou avec l'Islande, membres de l'espace économique européen. M. Verheugen a souhaité que soit fixé un « agenda positif » pour tracer, « dans le cadre de l'accord d'association, des perspectives nouvelles et intéressantes pour le développement futur des relations UE-Israël (...) Nous travaillons déjà ensemble sur un large éventail de questions ». Et de citer l'environnement, l'énergie, les réseaux transeuropéens, des connexions Internet à large bande, la science et la technologie, Galileo, la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Le vice-président Verheugen a néanmoins fait un rappel au contexte politique. « Nous espérons, avec le temps, (qu'il y ait) le même genre de paix, la stabilité et la prospérité dans cette région (du Proche-Orient) que ce que nous avons réussi à apporter à l'Europe ».

« L'agenda positif » qu'il a évoqué est à mettre en regard avec les appels d'associations de la société civile européenne en faveur de pressions accrues sur Israël ou même pour son boycott. Pour le vice-président, les appels au boycott des produits israéliens ne sont pas justifiées, et sont une solution « facile » qui ne résoudra en rien le conflit. La phrase, rassurante, a été répercutée dans la presse du pays et martelée par plusieurs médias électroniques (associations israéliennes ou européennes) relayant les points de vue du monde politique israélien, signe que la menace de boycott est prise au sérieux. Le gouvernement israélien a déjà souhaité bénéficier notamment d'un appui européen pour rehausser une image d'Israël qui n'est pas bonne. « Incapable d'expliquer au monde les raisons de son opération à Gaza. Vilipendée par un rapport dirigé par un Juif sud-africain. Israël est, depuis 40 ans, en permanence sur le banc des accusés », observe un spécialiste de la communication au sein du ministère des Affaires étrangères, Ido Aharoni, cité dans la presse électronique. Un comité spécifique a été mis en place dimanche dernier pour une vaste opération de communication. Car, selon le Premier ministre Netanyahu, cité par le Jérusalem Post, il faut « contrer l'effort continu de déligitimation de l'État d'Israël ». « Le combat le plus important que nous devons mener est celui de l'opinion publique ».

Dans ce sens, Israël a déjà souhaité, lors d'un entretien spécifique, à la mi-septembre, entre le directeur général adjoint du ministère des Affaires étrangères, Rafi Barak, et un représentant européen, qu'il y ait « plus de visites » de haut niveau dont celle de M. Verheugen alors qualifié de « a good friend of the country » ainsi que celles, explicitement citées, des commissaires Rehn et De Gucht (non confirmées à Bruxelles, pour l'instant). Israël a demandé aussi « plus d'engagement » de la part de l'UE qui est invitée à être moins ambiguë lorsqu'elle donne son point de vue sur la solution des deux États, la liberté de circulation dans les territoires occupés, la sécurité et la reconnaissance d'Israël comme un État juif. (F.B.)

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