Strasbourg, 23/10/2009 (Agence Europe) - En adoptant à l'unanimité, jeudi 22 octobre à Strasbourg, une résolution commune des groupes PPE, S&D, ALDE, Verts/ALE, ECR et GUE/NGL, le Parlement européen a condamné la répression sanglante et meurtrière menée contre des manifestants non armés ainsi que tous les actes de violence sexuelle à l'encontre des femmes et des filles. Il demande la mise en place d'une assistance médicale et psychologique pour les victimes de viol et invite la Commission à lancer d'urgence des programmes spécifiques pour la réhabilitation des femmes victimes de violence en Guinée.
Le Parlement se félicite du communiqué émis par le GIC-G à la suite de sa réunion sur la crise guinéenne, qui s'est tenue le 13 octobre 2009 à Abuja, dans lequel il demande à la junte militaire de « libérer toutes les personnes détenues arbitrairement, en particulier celles détenues en relation avec les événements du 28 septembre 2009 » à Conakry et lui enjoint d'établir, d'ici le vendredi 16 octobre 2009, les modalités nécessaires à son exclusion des élections présidentielles prévues en janvier 2010. Il se félicite de la mise en place, par l'ONU, d'une commission d'enquête internationale indépendante chargée d'établir les responsabilités dans ce massacre.
Le Parlement demande au Conseil de prendre les « mesures appropriées » prévues par l'article 96 de l'Accord de Cotonou et d'étudier les possibilités de répondre à la demande de la CEDEAO en organisant une mission de soutien à une force africaine de protection de la population, afin de mettre à disposition de cette force les moyens nécessaires pour accomplir sa mission, ainsi qu'une mission civile à plus long terme pour contribuer à l'organisation des forces de sécurité. Lors du débat, le commissaire Leonard Orban a indiqué que toute aide au titre du protocole pêche a été suspendue par la Commission, mais le Parlement a rejeté à la demande du PPE (33 voix pour, 34 contre et 6 abstentions) un paragraphe qui demandait la suspension de l'application du protocole de pêche jusqu'à la concrétisation du processus de démocratisation.
Le Parlement invite l'Union africaine, en collaboration avec la CEDEAO, à imposer des sanctions sévères au personnel de la junte militaire et à organiser, en parallèle, un dialogue national dans le cadre d'une commission « vérité et réconciliation ». Il invite tous les États à suspendre les livraisons d'armes et de munitions destinées à l'armée et aux services de police, et de tous autres équipements qui pourraient être utilisés par les forces de sécurité guinéennes pour commettre des violations des droits de l'Homme. (O.J.)