Strasbourg, 23/10/2009 (Agence Europe) - Le Parlement européen a consacré, jeudi 22 octobre, un bref débat à l'accès des pays en voie de développement aux vaccins, l'occasion pour les députés de dénoncer le fossé qui sépare toujours pays riches et pays pauvres en matière de santé publique.
L'élu irlandais du PPE Gay Mitchell a ainsi fustigé « l'hypocrisie et l'injustice du monde occidental » et réclamé un accès plus équitable des populations des pays en voie de développement aux traitements et aux vaccins, car « les populations les plus pauvres sont aussi les plus exposées et les plus vulnérables ». Il a cité le cas de la tuberculose responsable de 25% des décès prématurés dans certains pays pauvres, alors que le vaccin BCG assure en Europe une protection très large de la population.
Le travailliste britannique Michael Cashman a déploré que 2 millions d'enfants meurent encore chaque année d'une infection à pneumocoque alors qu'il existe un vaccin. Il a plaidé pour le développement d'une véritable politique vaccinale au plan mondial et invité ses collègues à signer la déclaration écrite qu'il a déposée concernant l'accès aux médicaments antirétroviraux. Cette déclaration, qui deviendra une résolution du Parlement si elle obtient la signature de la majorité des députés, invite la Commission, le Conseil et les États membres de l'UE à reconnaître le besoin de la communauté de brevets proposée par UNITAID afin d'assurer la disponibilité et l'accessibilité des médicaments contre le VIH pour les pays en développement et à la soutenir activement. La déclaration invite, aux côtés d'organisations humanitaires internationales, les entreprises de l'industrie pharmaceutique à aider à rendre de nouveaux traitements disponibles plus rapidement pour les millions de personnes vivant avec le VIH/SIDA en mettant en commun leurs brevets sur une liste de médicaments anti-VIH clés.
La libérale belge Frédérique Ries a rappelé que les vaccins diffèrent des médicaments et que l'accès aux premiers ne peut pas être garanti par les mêmes moyens que ceux mis en œuvre pour les seconds. Et d'évoquer deux spécificités des vaccins: le nombre réduits de producteurs et la maîtrise difficile de la chaîne du froid. L'UE doit cependant « soutenir sans réserve » l'appel de l'OMS pour un accès équitable et développer des partenariats public/privé.
L'élue portugaise de la GUE Marisa Matias a déploré que l'on puisse regarder mourir les gens de maladies déjà éradiquées chez nous. Elle a cité la dengue, la malaria et la fièvre jaune. Le socialiste espagnol Enrique Guerrero Salom a demandé à la Commission de chercher des alliances et d'activer des programmes pour améliorer l'accès aux vaccins et aux médicaments dans les pays pauvres.
Le commissaire Léonard Orban a répondu aux députés que la Commission met tout en œuvre pour favoriser le développement du secteur de la santé dans les pays en développement, notamment au travers de l'aide budgétaire. Mais le résultat dépend en grande partie des choix opérés par ces pays et la Commission ne dispose d'aucun instrument technique et financier pour gérer des stocks de vaccins. (O.J.)