Bruxelles, 27/07/2009 (Agence Europe) - Comme nous l'avions indiqué dans notre bulletin n° 9947, le Conseil a formellement décidé, lundi 27 juillet, de prolonger la mission d'observation de l'UE en Géorgie (EUMM) pour un an supplémentaire, jusqu'au 14 septembre 2010. Dans des conclusions adoptées lundi, les ministres saluent les résultats de la mission au cours de ses dix premiers mois. « Le déploiement des observateurs européens (après le conflit entre la Russie et la Géorgie en août 2008) a contribué à créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre des accords du 12 août et du 8 septembre », soulignent les ministres. Ils se félicitent aussi des résultats de la mission en termes de stabilisation, de normalisation et de l'instauration d'un climat de confiance. « La présence de la mission sur le terrain demeure un facteur clé de stabilisation », lit-on dans les conclusions. Le Conseil a aussi noté « avec un profond regret et une vive préoccupation » qu'il n'y a toujours pas d'accord sur l'avenir des missions d'observation de l'ONU et de l'OSCE en Géorgie (la Russie a refusé le renouvellement de ces missions). Des circonstances qui augmentent encore plus l'importance et le « rôle crucial » de la mission européenne qui est actuellement la seule sur place, soulignent les Vingt-sept. Le Conseil a aussi rappelé que le mandat de l'EUMM Géorgie s'étend à l'ensemble du territoire de la Géorgie, y compris aux deux régions sécessionnistes d'Abkhazie et d'Ossétie du Sud. Or, jusqu'ici, les observateurs européens se sont vu refuser l'accès à ces deux régions dont l'indépendance, déclarée unilatéralement, n'est reconnue que par la Russie et le Nicaragua. Les ministres ont demandé lundi que la mission européenne ait un « accès sans restriction » à ces deux régions.
La possibilité d'une extension de EUMM à des pays tiers (Etats-Unis, Turquie ?), comme le souhaiterait la Géorgie, n'a pas été discutée en profondeur par le Conseil. Ce débat, qui risque de créer des nouvelles tensions avec Moscou, est prématuré, a par exemple dit le ministre italien, Franco Frattini. « Avoir les Américains maintenant (dans la mission européenne) serait peut-être tomber dans un piège », a aussi estimé le ministre français, Bernard Kouchner. La première priorité pour l'UE doit être de renforcer la présence européenne et d'obtenir un accès à l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, a-t-il dit à la presse. Carl Bildt, le ministre suédois des Affaires étrangères et actuel président du Conseil, a annoncé que la question d'une participation de pays tiers à EUMM Georgia pourrait, éventuellement, être débattue en automne. (H.B)