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Bulletin Quotidien Europe N° 9949
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/jai

L'UE accentue sa pression sur Ankara pour lutter contre les problèmes d'immigration

Bruxelles, 27/07/2009 (Agence Europe) - L'Union européenne tente d'imposer à la Turquie qu'elle contrôle mieux ses frontières en insistant sur ses devoirs de pays candidat à l'adhésion. « J'ai insisté, en rencontrant le ministre turc, sur des conditions impératives que son pays doit remplir s'il veut ouvrir le chapitre Justice et Affaires intérieures des négociations d'adhésion », déclarait le 22 juillet dernier le commissaire chargé de l'Immigration, Jacques Barrot. « Nos voisins ont un triple devoir: celui de veiller à ne pas être complices des passeurs et de trafiquants et d'arrêter les départs, d'accepter les réadmissions et d'avoir des bureaux d'accueil pour recevoir les vrais demandeurs d'asile », a-t-il ajouté. Lors de la réunion informelle des ministres de l'Intérieur de l'UE, à Stockholm, le commissaire avait annoncé la reprise des négociations avec la Turquie à la rentrée (EUROPE n° 9945).

Soutien de la France. L'Union européenne doit faire pression sur la Turquie pour qu'elle contrôle mieux ses frontières, a indiqué le 23 juillet à Athènes le secrétaire d'État français chargé des Affaires européennes, Pierre Lellouche. L'attitude de la Turquie « va à l'encontre des principes et des valeurs européens et n'est pas conforme à la qualité de la Turquie en tant qu'État membre candidat à l'adhésion. Nous soutenons la perspective européenne de la Turquie à condition que tous les critères et modalités requis soient remplis », a indiqué M. Lellouche, à l'issue d'un entretien avec son homologue grec Yannis Valinakis. « Il faut travailler ensemble au sein de l'UE avec la Grèce, d'abord pour poser les bonnes questions au gouvernement turc afin qu'il contrôle ses frontières et, deuxièmement, pour élaborer un système d'aide à la protection des côtes grecques », a ajouté le Français. « L'Union européenne est basée sur la solidarité et l'intérêt commun. Elle ne peut pas laisser la Grèce faire face toute seule à ce problème aussi important », a insisté M. Lellouche, rappelant que plus de 150.000 immigrés clandestins avaient été interpellés en 2008 par les autorités grecques en provenance de Turquie, « par où transite une grande partie des clandestins avant d'arriver, par voie maritime ou terrestre, en Grèce ». De son côté, M. Valinakis a souligné que la Turquie ne se conformait pas aux accords de réadmission signés entre Athènes et Ankara et qu'il fallait parvenir à un accord entre l'UE et la Turquie pour résoudre ce problème. « L'UE doit prendre des mesures d'urgence et concrètes sur ce problème car les frontières grecques sont des frontières européennes », a-t-il dit.

Dilemme turc? « La Turquie refuse de devenir le plus grand camp de réfugiés du monde », citait dans son édition en ligne Le Monde en rapportant les propos du ministre chargé des Affaires européennes, Egemen Bagis, lequel réagissait aux pressions répétées de la Grèce et de l'Union européenne. Pressée de réformer sa politique migratoire, la Turquie se trouve face à un dilemme, souligne Kemal Kirisçi, directeur du Centre d'études européennes de l'université du Bosphore. Elle attend plus de garanties de la part de ses partenaires européens sur l'issue de ses pourparlers, mais craint en même temps de devenir une nouvelle zone d'attente à la lisière de l'UE. « En l'absence de perspectives sérieuses pour l'adhésion (...), les officiels turcs craignent qu'un tel accord ne transforme la Turquie en zone tampon pour les migrants illégaux de l'UE et les demandeurs d'asile déboutés », précise M. Kirisçi, selon le quotidien français. (B.C.)

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