Bruxelles, 26/06/2009 (Agence Europe) - Hassan Abouyoub, ambassadeur itinérant, ancien ministre du Commerce et qui est le « Monsieur EuroMed » du Maroc, ne croit plus au projet de création de l'Union pour la Méditerranée (UPM), rapporte la presse de son pays en rendant compte de déclarations au cours d'un symposium sur ce thème, mardi 23 juin, à Casablanca. Le projet est devenu « ingérable », a-t-il estimé. Il propose la désignation d'une commission de sages chargée de réfléchir et de présenter un nouveau modèle dans les six mois ».
Certains plaident pour une démarche plus praticable, une « démarche à deux étages », selon l'ancien ambassadeur du Maroc à Bruxelles, Fathallah Sijilmassi. L'UpM « pourrait, par exemple, réaliser des projets sur la base du modèle du Dialogue '5+5', qui réunit les cinq pays du Maghreb et cinq européens (Espagne, France, Italie, Malte et Portugal), en intégrant à chaque fois des pays de la Méditerranée », c'est-à-dire au fur et à mesure de leur capacité à s'intégrer dans la démarche commune. L'UpM ne devrait pas être, à son avis, fermée: « Parce que l'objectif final de l'UPM, c'est la place de la Méditerranée dans l'environnement économique mondial ». L'ambassadeur de Turquie à Rabat a, lui aussi, marqué des distances par rapport au projet initié par Paris. Selon les comptes rendus de la presse marocaine, Haluk Ilicak a rappelé le contexte dans lequel le projet de création de l'UPM avait été annoncé « en pleine campagne électorale présidentielle », et qu'il avait été présenté comme une alternative à l'adhésion de la Turquie à laquelle la France est ouvertement hostile. D'autres ont rappelé le lien, et le frein que constitue le conflit avec Israël. Youssef Amrani, le secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, s'est certes félicité que « l'UpM (soit) le seul cadre qui inclut en même temps des pays arabes et Israël ». Mais selon M. Abouyoub, aucun des pays membres de l'UpM n'est à même de régler le conflit israélo-palestinien. Il estime que seuls les États-Unis peuvent le faire. (F.B.)